‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 63 sur 198 · Genèse, XVIII · texte numérisé non relu

Genèse, XVIII

4. Genèse, XXII, 1-13. On a déjà tenté d'expliquer le nom d'Isaac par le rire douloureux des victimes offertes à Moloch et on a rappelé, à ce propos, le rire sardonique (Drews, Die Chris tusmythe, léna, 1910, d'après Ghillany). Mais comme Isaac à la vie sauve, ce rapprochement est a rejeter.

peuvent s'appliquer à la chronologie, à l'histoire diplomatique ou militaire, à l'étude des faits économiques, mais le domaine de l'histoire religieuse leur est interdit.

Lorsque le sacrifice devait être consommé, lorsque la victime devait vraiment mourir, le rire rituel pouvait exprimer sa conviction et celle des fidèles que cette mort consentie n'était que la naissance à une vie nouvelle :

Et cet heureux trépas, des faibles redouté, N'est qu'un enfantement à l'immortalité1.

Chez certains peuples qui, à la différence des Grecs, croyaient fermement à la vie future, on voyait des victimes mourir de la sorte avec tous les signes extérieurs de la joie. Ainsi les vieillards, que leurs enfants immolaient en Sardaigne, riaient au lieu de pleurer*; on expliquait même par là le rire sardonigue3 , dont le savant italien Ettore Pais a voulu faire le rire sandonique, à cause du rire forcé des victimes sacrifiées au dieu lydien Sandon4. En réalité, je crois que l'adjectif «tpîévtoç ou sapoâv.oç, épithète de yéXwç, n'a rien à voir ni avec la Sardaigne ni avec Sandon ; il dérive d'un adverbe uâpSrjv, dont nous n'avons, il est vrai, pas d'exemple, mais qui est à aai'pw, rire en montrant les dents", comme ap3ï)v est à a;.'po>. Le rire de ceux qui mouraient de mort violente n'est pas seulement attesté par la fausse étymologie du rire sardonique. Les femmes thraces se disputaient à qui mourrait gaiement sur la tombe d'un époux défunt6. A Céos et chez les Troglodytes de Libye, les vieillards se tuaient de bon cœur, -poô^wç7. On sait que depuis le brahmane Cala-

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