‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 87 sur 198 · Hieron., Adv. Lucif · texte numérisé non relu

Hieron., Adv. Lucif

3. D'après Jamblique (De Myst., III, 4), l'insensibilité à la douleur est une marque de la possession divine (cf. Frazer, Adonis, p. 136). C'est une idée qui ne doit pas être spécifiquement juive et que certains états d'extase ont pu suggérer.

Questions sur le docétisme '

Lettre au Directeur de la Revue moderniste.

Monsieur le Directeur,

Comme la Revue moderniste compte, parmi ses lecteurs, des théologiens éminents, permettez-moi de leur adresser, par votre entremise, quelques questions concernant le docétisme, hérésie dont je ne parviens pas à comprendre l'origine en consultant les auteurs modernes qui en ont traité.

L'opinion courante a été admirablement résumée par M. Loisy (A propos d'histoire des religions, p. 315) : « Plusieurs trouvaient que les faits évangéliques déshonoraient la manifestation terrestre [de Jésus], si on ne les regardait pas comme de pures apparences ; ainsi Jésus avait paru subir la mort, mais il ne l'avait pas réellement endurée. Cet apparentisme, ou, pour employer le terme traditionnel, ce docétisme n'infirme pas l'historicité des faits évangéliques ; il la suppose et l'admet; on peut dire seulement qu'il l'escamote au profit d'une théologie abstraite ».

Ainsi le docétisme serait né d'un scrupule de la christologie, d'une conception étroite du mystère de l'incarnation. Ceux qui étaient profondément convaincus de la nature divine de Jésus répugnaient à admettre, comme une réalité humaine et tangible, sa nature terrestre; son incarnation était, à leurs yeux, une illusion des sens ; le Christ ambulant, mangeant, souffrant était un fantôme.

Ne racontait-on pas que son disciple Jean, voulant le toucher, avait avancé son bras dans le vide, sans rencontrer aucuue résistance? Clément d'Alexandrie allègue, à cet effet, une tradition johannique, et c'est dans les Actes apocryphes

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