‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 10 sur 345 · I. et. Roacber, dans le Lesikon. p. 135t. t3B · texte numérisé non relu

I. et. Roacber, dans le Lesikon. p. 135t. t3B

S. Les ÎDacripUoDs D'asiioiilent pas le v au |i luiiaul. Od trau*e n»|iiyitE; dans noe iascriptioii lyrieoDe de baew époque (Di tien berger, Intcr. gr. ortenl., 619, 8), aîDil que dans nuscripUon d'Abereiut, qui eit de In &□ du w «Ër.le {Haruccbi, Èlém. d'arehrologit chrélirnae, l. I, p. 2S6, I. U).

10 LA MOKT nr CRAKD VkS

nom de Thamous, assez fri^quent en Egypte', il a cru et les passagers ont cru avec lui qu'on l'appelait; on l'a cru d'autant plue volontiers que le nom syrien d'Adonis, qui ne paraît jamais dans la littérature grecque païenne, devait être ignoré de cet Égyptien et de ces Grecs. Une fois que le Thamous de l'appel mystérieux était interprété comme le nom du pilote. le verbe téOvijxe réclamait un sujet; quoi de plus naturel que de trouver ce sujet dans [b\ ^ravfii-yaç et de comprendre « le grand Pan •• au lieu de « le très grand " Thamous*. Au mois de juin, époque où, suivant saint Jérôme, la mort d'Adonis- Thamous était pleurée en Syrie', dans la saison la plus propice aux voyages en mer, le navire approche, pendant la nuit, d'un rivage où des Syriens — il y en avait un peu sur tous les rivages — célèbrent par des lamentations et des cris la mort de leur dieu Thamous: la circonstance fortuite que le pilote portait le même nom explique la confusion et met lin à toutes les interprétations mystiques d'une histoire qui nous a élé transmise avec des attestations peu communes de véracité. La mort périodique de dieux et de demi-dieux — animaux sacrés à l'origine, plus tard représentant des phénomènes de

1. Platon, Phttdre, S14 D, E ; Polyeti, II, 3, 5; lihilotU-ate, Vie tfÀpoUoniiu, VI. S. p. 108.

2. J 'aval* admia que la formule de l'appel était i itavu.ijai\ malgré le» exemple! bomérique» [OdyÊS., IX, 313 ; XI, 132 ; XVII, 10), l'emploi de l'article i cette place (aa lieu de Iliv A \Ufail (eralt difflcultA. Comme me l'u rail obtetier M. A. CroiBVl, il est plus simple de supposer que l'article n'était pa» emploj'é dans la liuaïe.

3. HieroD., in Hiec/i., vin, 13 (Hi^ne, Pair. ImI.. I. XXV, p. il) : • Quem noi Adonidem interprétait xumia et hehraeua et lyrui sermo Tham-us voeal : tindf quia juxla gentitem fabulam in mente junio amasitis Venerii et piddarrimu* juvenis oCQtBut, et deineeps reaij:iaae narratur, eumdeni Junium meniem (Todeni appeUant nomtne et aanieeriariam ei ciUbranl solen-nitalem, in qua plangilur a mulierîbus quasi morluus el poitea miviiceni canitar alqia laudatur... El quia eadem gentililat huj'uscemodi fabulas poetarum, quae habenl lurpiludintm, inUrpretalur nobiliter, inlerfecliaiiem el returreclionem Adonidis planclu et gaudio prosequtni : quorum allerum m srminibia, quae morjuntur tn terra, allerum in segetibur, quitus morlua semïna renascunlur, ostendi pulal: no» quoque eos qui ad aaeculi mala et bona vel conlritlantur, oet exiultant, mulieres appellamua, molli et effemiaato anima; dlcimuique ptangert «OÊ Thamuz, ea nidtlicel quae in rébus mundi pulaalur eête paUherrima >.

LA HORT DU GRiND PAN

la vt'géLation' — était célébrée dans le monde mMilerranéen par de bruyantes manifestations de deuil. Les dieux et ies héros annuellement pleures étaient Osiris. Adonis. Altis, Linos, Bormos et Litycrses'. La cantilëne appelée par les Grecs Linos ou Ailirws passait pour commémorer la mort du jeune Linos, qui avait été déchiré par des chiens; bien qu'on ait essayé d'interpréter ^(Vihos par le sémitique ai lanu « malheur à nous », et que celte bizarre explication ait généralement trouvé créance, il est certain qu'aux yeux des Grecs la partie essentielle de cette cantilène était lu répétition du nom du défunt, appelé et comme rappelé par ses [idèles. I>'n Bitliynie, le thréne dos Mariandyniens sur le bel éphèbe Bormos consistait également à l'appeler d'une voix plaintive. Pour Adonis on Syrie, nous avons la preuve que les litanies funèbres chantées en son honneur comportaient une triple invocation, car l'auteur des Philosophoumena nous a conservé un fragment d'hymne où Adonis est appelé TpizéflTjTïî, « trois fois regretté », ce qui doit se comprendre k la lettre :

'Arci, OE xaXoiJoi [xÈv 'Aoffijptoi TpiTrsOvjton 'Aîunv'.

Dans l'élégie de Bion sur Adonis ('EÎHxipio; 'ASûviSo;), on lit, au second vers, « le bel Adonis est mort » (luXn: x»>.èî 'Aîwviç) et l'on trouve trois fois la complainte ; « Je pleure Adonis « liii^w tôv "Aîu^iiv, v. 1, 6. 15). ïiuîvant l'hypothèse que nous proposons, les chants des Gréco-Syriens établis sur la cùle occidentale de la Grèce auraient précisément consisté à appeler trois fois Thamous par son nom et à annoncer sa mort ; HaiAoiJ; ::ai;j.Évaç tI(Ivt;« a pour pendant exact, duns le thrène de Bion : iiiKt-.z xa/.ôî 'Aîm-n;. Quant à la triple répétition du nom sacré, il y en a d'innombrables exemples dans tous les rituels : Usener en a recueilli beaucoup dans son ouvrage intitulé Dreikeil. Je me contenterai de rappeler le

I. Cf. Culie», mijlhei tl riUt/iont, L 11, p. ■ 3. Cf. Fruer. Golden Boufffi, t. Il, p. ES3. 3. FhHofOiihoumrna, éd. CruIcH, p. 116.

vers de Virgile, où Énée raconte à Déiphobe comment il lui a élevé un cénotaphe et Ta trois fois appelé par son nom :

,..et magnâ Mânes 1er voce vocaviK

Au xix« siècle encore, dans le Devonshire, les moissonneurs, après avoir coupé la dernière gerbe d'épis dans le dernier champ, criaient trois fois The Neck, puis trois fois, d'une voix plaintive et traînante : Wee yen, way yen^l Le nom donné à la dernière gerbe, the Neck, paraît être la personnification d'un génie du blé dont les moissonneurs pleurent annuellement la mort, en attendant sa résurrection prochaine. Un témoin auriculaire dit que dans Tespace d'une seule nuit il a entendu crier six ou sept fois The Neck par des paysans éloignés de quatre milles et que TelFet de cette lamentation soudaine, au milieu du silence de la nuit, était plus émouvant encore que Tappel du muezzin An haut des mosquées turques. C'est un cri analogue qui, dix-huit siècles plus tôt, retentit aux oreilles des passagers du navire qui voguait des côtes du Péloponnèse vers l'Italie.

Le nom syrien d'Adonis, Thamuz ou Thammuz (en assyrien Dumtizi), ne nous est pas seulement connu par un verset d'Ezéchiel (VIII, 14) : l5où exeX Y^vaT/^eç xaOï^iJLevat ôpYjvoudat tov ©aiJLlJLouç, où un manuscrit du Vatican, écrit en Egypte, porte à la marge : tov ^'ASwvt'. Saint Jérôme, en deux passages*, atteste formellement qu'Adonis est Thamouz et qu'un culte de ce dieu fut célébré à Bethléhem, dans la grotte même de la Nativité, depuis le règne d'Adrien jusqu'à celui de Constantin : Bethléhem nunc noslram lucus mumbrabat Thamuz , id est Adonidis, et in specu^ ubi quondam Christus parvulus vagiit, Veneris amasius plangebatur. Saint Jérôme, qui vécut longtemps en Syrie, est, à cet égard, une autorité de premier ordre. La môme identification se trouve d'ailleurs dans Cyrille

\. Virgile, Aen., VI, 506.

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