‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 101 sur 345 · Oïlde, FasUa, I · texte numérisé non relu

Oïlde, FasUa, I

3. Lycupbr., Altx., 6S0: Nuvaxpiiini; xpixifaXa; fonSpb: Sej;. i. UMuer, Ortiheit, p, 167.

HERCORE TRICËPHALE

18 Gaulois ont-ils sculpté des Mercures tricéphales, alors qu'Hermès tricéphale appartient exclusivement au plus vieux fonds de la mythologie ligurée des Grecs? Dire que les Gaulois adoraient un dieu, analogue, par certains caractères, à riIermfes-Mercure du panthéon classique, qu'ils prêtaient à ce dieu une barbe et quelquefois trois lOtes, que l'analogie entre leurs Mercures du i" siècle de notre ère et les Hermès grecs de 600 ans plus anciens doit èire regardée comme une iple coïncidence — c'est vraiment, je croîs, se contenter de trop peu. Que voyons-nous à Savîgny les-Beaune dans la Côle-d'Or? Un tailleur dp pierre gaulois du i"" siècle qui copie grossièrement les plus anciennes images qu'il ait pu trouver de dieux romains, une Vesta anti^rieure à toute influence grecque, un Mars identique aux plus anciens bronzes étrusques de ce dieu'. Pourquoi a-t-il choisi ces modèles archaïques? Parce qu'il les croyait plus vénérables. Je pense que les sculpteurs de Mercures barbus et de Mercures tricéphalt's ont fait do même; ils ont eu recours, intentionnellement, aux plus vieux types, A l'époque oiï se placent leurs premiers essais, beaucoup de statues grecques archaïques avaient été transportées à Rome; ils ont pu y voir des Hermès barbus et des Hermès tricéphales du vi* siècle. Mais ils ont pu en voir au'si dans les temples de Marseille. En quelque lieu qu'ils les aient vus, l'essentiel, à mes yeux, et le fait certain, c'est qu'ils les ont recherchés et imités k bon escient.

Cela dit, il n'est pas moins évident que si les idées n'iigieuses des Gaulois, ou, du moins, de certains peuples gaulois, n'avaient pas impliqué l'existence dune divinité du commerce et des chemins conçue comme âgée et tricéphale (à cause des carrefours), ils n'auraient pas emprunté ces types plastiques au fonds de la sculpture grecque du vi* sii'cle. Un détail à remarquer, c'est qu'ils ont toujours prêté à Mercure une grande bourse, attribut qui ne paraît dans i^ucune image "grecque d'Hermès et doni l'origine est inconnue'. A l'époque

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