Voir Cultes, 1. 1^ p
m MERCURE TWCKPHALF.
proposer une autre, (|ui contredit, en partie du moins, cellp qui m'avait sembl<^ autrcTois la plus vraisemblable. Mais sa contredire est encore une façon de s'instruire : -pjpâoiu.» TzztjJt
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L'autel de Notre-Dame oITre quatre images désignées par des inscriptions : Jupiter, Vulcain, Esus, Tarvos Trigaranos, J'ai démontré, à l'aide d'un bas-relief découvert à Trêves, qu'Esus et Tarvos Trigaranos font partie de la même scène qui occupe deux faces adjacentes de l'autel'; restent donc, sur l'autel, Esus, Jupiter, Vulcain, à rapprocher de Esus, Taranis et Tentâtes dans le passage de la Pharsale. L'identification du dieu tonnant, Taranis. avec Jupiter étant certaine, il est impossible de ne pas conclure à l'identité de Teutatès et de Vulcain, à moins que Lucain n'ait mentionné que trois dieux dans ces vers célèbres parce que les noms des autres ne pouvaient entrer dans des hexamètres. Cette réserve faite — elle n'est pas sans importance — l'identificulion de Teutatès avec Vulcain est d'autant moins difliciie à admettre que le Vulcain gallo romain est triis voisin de Mars et parait même avoir tenu lieu parfois do ce dieu guerrier. » écrit M. Jullian, a une sorte de doublet en Vulcain. Si les Gaulois confédérés do la Cisalpine ont, en 223, voué un targues h Mars, c'est a Vulcain que, l'année suivante, ils promettent les armes romaines... A l'époque gallo-romaine, le Vulcain gaulois, transformé suivant le type contemporain du Vulcain italioto, devint un dieu plus pacifique, » Et en note: « Je dis contemporain, car le Vulcain romain primilif a eu, à la guerre, le même caractère que le Vulcain gaulois*, u Comme on possède des inscriptions où Mars reçoit l'épithète de Tentâtes', il y a toute raison d'identifier le Teutatës de Lucain à Vulcain- Mars.
Mais alors, comme l'autel de Notre-Dame est un monument officiel, où le dieu par excellence des Gallo Romains ne saurait manquer, force est d'identifier celui-ci au dieu Esus,
1. Cultea, t. I, p. S33 et S. RiBut des Éludei 3. Ibid., p. 112.
MERCURE TRICÉPHALE
l'représenti^, sur l'autel, dans le coslunne et dans l'attitude d'un Ijlûclieron. Le nom d'Esus paraît signifier « le maltrp ". lord \or ruter, comine traduit H, Rhys'; cela s'accorde très bien I avec l'hypothèse qui l'identifie au principal dieu gaulois.
A celte conséquence qui s'Impose presque avec évidence', I j'avais autrefois fait deux objections. Esus est un bûcheron ■ iur l'autel de Notre-Dame, alors qu'il n'y a rien de te! dans la légende gréco-romaine do Mercure: mais M. d'Arbois a signalé un épisode de l'épopée irliindaise où le héros Cuchulainn parait abattant un arbre' et, d ailleurs, les traditions religieuses relatives an Mercure gaulois devaient rapporter mille choses que nous ignorons. En second lieu, je faisais observer que, sur l'autel de Trêves, la face opposée à celle où figure le dieu bûcheron était occupée par Mercure et sa parèdrc féminine Rosmerta; mais ce pouvait être là précisément, comme l'a pensé M. Lehner, une manière d'aflirmer l'équivalence de l'Esua gaulois avec Mercure. Je crois donc aujourd'hui que les trois dieux nommés par Lucain se trouvent BUr l'autel de Notre-Dame : Esus-Mercure sous les traits d'un bûcheron ou d'un abattcur d'arbres — nous ne savons pourquoi' — Taranis sous les traits de Jupiter et Teulalès sous [ ceux de Vulcain.
Sur l'autel trouvé à Paris en 178i, Mercure parait ailé,
[ comme l'est quelquefois le dieu étrusque'; dans le monument
de rilùtel-Dieu, il est tricéphale, comme l'est parfois, au
VI* siècle, l'Hermfes hellénique des carrefours. Le Mercure
<.'Cr. S, Reinacb, CvUes, t. J, p. 31G.
S. Ihid., p. 245.