‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 109 sur 345 · I. Tacite, Annale; III, i'i · texte numérisé non relu

I. Tacite, Annale; III, i'i

~ Géuie iupcDilaut Je glalie de Mors (autel <!e la até).

184 MËHCURt: TRlCÉPHALl!:

une série unique, TolTrande d'un gigantesque torques d'or à l'empereur par les anciens el les jeunes de la corporation*. Je ne crois pas que l'objet circulaire soit un torques, parce qu'il n'est pas tors^ parce qu'on ne le porte pas à la façon d'un collier, fût-il gigantesque, et je ne crois pas non plus que le personnage vu de profil, à Textrémilé du registre des Eurises, soit Tibère lauré; j'admeis cependant, comme le faisait déjà Montfaucon, qu'il s'agit d'une procession de Gaulois en armes, portant des lances et des boucliers. Cet équipement militaire, nous dit-on, convient à une fonction religieuse, comme celui des Saliens à Rome; mais que viennent faire ici les Nauiae? Ne serait-ce pas la représentation loyaliste d'un épisode du désarniement ordonné par Tibère, ou, tout au moins, d'une inspection des armes sacrées et tolérées comme telles? Ces armes un peu archaïques ne sortiraient -elles pas d'un temple, du sanctuaire de la confrérie? Le personnage de profil et ses acolytes, qui sont sans armes et ont l'air de Romains, ne seraient-ils pas les fonctionnaires chargés d'assurer la remise ou l'inspection des armes de guerre, présentées solennellement par les membres de la corporation des NaïUae^'î

Quoi qu'il en soit de cette interprétation, qui reste fort douteuse, celle des bas-reliefs découverts à l'Hôtel-Dieu me semble à peu près certaine ; ils représentent sans conteste le désarmement du Mars gaulois par des Génies, en présence du grand Mercure gaulois tricéphale. Un pareil motif ne pouvait être figuré sur un monument officiel qu'à la suite d'une pacification et pour la commémorer. Si le passage de Strabon, comme le livre dont il fait partie, n'était pas antérieur de trois ans à la révolte de Sacrovir, j'aurais cru volontiers qu'il s'agissait de la pacification de la Gaule en 21 et 22 de notre ère; mais puisque Strabon, indirectement confirmé par Tacite, fait allusion à un désarmement des Gaulois avant Tan 18, je

\. JuUian et de Pachtère, Hevue des Études anciennes^ t. IX, 1907, p. 263.

2 Notez que deux des bas-reliefs du monument découvert en 1867 représenteut des Génies tixaut (probablement au mur d'un temple) les armes de Mars; celles que portent les Saulae du bas-relief étaient peut-être deHinées à être immobilisées de la même façon.

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place cette mesure au début du règne de Tibère et j'attribue à la même époque, comme à la même manifestation de loyalisme, le précieux ensemble de bas-reliefs découverts en 1710 et en 1867 dans la Cité*.

i. Après la répression de la révolte de Sacrovir, les Gaulois ODt dd s'armer à Douveau, s*il faut prendre à la lettre le passage de Frontin {Slralag., i\, 3, 14) sur les 70.000 soldats {armali) que fouruit la cité des Lingons pendant la répression de la révolte de Civilis sons Domitien. Mais le mot armali n'implique pas nécessairement que ces 70.000 Lingons fussent pourvus d'un armemeot régulier; le chiffre est d'ailleurs bien suspect. — En Tan 69, les Lingons avaient offert des armes à Vitellius (Tac, Ilisi.y I, 57).

La Gaule personnifiée ^

Nos Musées possèdent plusieurs figures féminines, sculptées en ronde bosse ou en relief, où les archéologues ont reconnu soit des captives gauloises, soit des personnifications de la Gaule vaincue». Parmi ces dernières, aucune n'est encore certifiée par une inscription, alors qu'un bas-relief de Koula en Asie-Mineure, publié en 1888 par Mommsen, a fourni une petite image de la Germanie avec l'inscription TEPMANIA*. La figure qualifiée par Fillon de « Gaule personnifiée )), sur une anse de vase en bronze de l'ancienne collection Rattier, aujourd'hui au Louvre*, représente aussi bien la Dacie ou toute autre province ; on peut en dire autant de la statue colossale de la Loggia dei Lanzi à Florence, tour à tour appelée prêtresse de Romulus, Thusnelda et Médée^, ainsi que de quelques autres images de femmes barbares dont la désignation est purement hypothétique.

Il n'en est pas de même du buste tourelé en mosaïque que reproduit notre gravure (fig. 1); l'inscription TA A Al A qui l'entoure permet d'y saluer /a première image certaine de ta Gaule que nous ait léguée l'art gréco-romain.

Le médaillon qui décore ce buste fait partie d'une mosaïque considérable, datant de l'époque des Sévères, qui a été découverte vers 1875 à Biredjik (Zeugma) sur l'Euphrate et acquise partiellement, en 1887 et en 1892, par le Musée de

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