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elle-mâiim ou au personnage qu'elle roprésentait. Ces explications sonl natu roi Ig ment dépourvues de toute valeur historique, mais elles nous fournissent comme les silhouettes d'œuvres d'art perdues, «4 d'œuvres d'autant plus intéressantes qu'elles paraissaient déjà peu intelligibles aux anciens eux-mêmes.
Citons d'abord deux exemples, empruntés à Hérodote el à Fausanias.
Le territoire d'Épidaure ayant été désolé par la disette, les Epidauriens, sur le conseil de la Pythie de Delphes, élevèrent des statues en bois d'olivier aux deux divinités de l'abondance Damiaet Auxesia'. A celte époque, il n'y avait guère d'oliviers qu'en Atlique et les £)pidauriens durent prier les ALhéniens de leur céder quelques-uns de leurs vieux arbres, Les Athéniens consentirent, mais à condition que ceux d'Ëpidaure oITriraientà Athènes des sacrihccs annuels. A quelque temps de là, les Êginètes s'affranchirent de ladominatîon d'Épidaure et, au cours d'une expédition de piraterie, enlevèrent les deux statues on bois d'olivier, pour les transporter dans leur Ile. Les Epidauriens cessèrent alors d'envoyer des sacrihcos k Athènes et les Athéniens se retournèrent contre les Eginèles, réclamant les statues dont ils avaient fourni le bois. Sur te refus des Éginètes, Athènes recourut à la force; mais les matelots qu'elle fit débarquer k Égine ne purent descendre les deux statues de leur piédestal. 11 fallut les entourer de cordes et les tirer violemment. Les statues, ainsi mises en mouvement, tombèrent sur les genoux et depuis cette époque, rapporte Hérodote, elles ont conservé celte attitude.
Voilà donc deux vieilles images en bois qui, transférées d'Epidaure à Égine, puis d'Égine à Athènes, présentaient l'attitude agenouillée si rare dans les œuvres d'art antiques. Pour expliquer cette attitude, on inventa toute une légende, qu'Hérodote répète avec quelque scepticisme et qui nous paraltabsurde; mais l'existence de ces deux ligures à genoux est, parla même, assurée.