‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 119 sur 345 · Otide. Fasltt. VI, 569 sq · texte numérisé non relu

Otide. Fasltt. VI, 569 sq

L'AUTEL DE MXVILLV

Ou bien, c'est parce que ia plèbe romaine #tait désespérée de la mort de Servius eL qu'on a voulu mettre un terme h sa douleur en cachant les traits du roi bien-aimé : ... Cretcehal imagine Inclut Vonec eam positis occutuére logis.

Ou enfin, c'est la statue royale elle même qui, épouvantée du forfait de TuUie, a commencé par se cacher le visage avec sa main :

Dicilur hoc oculis opposuisse manum.

Puis elle a demandé qu'on la couvrît d'un voile :

Et vox audila est : • Vtiltus abscondite noslroi,

B Ne nalae videanl ora nefanda meae, » Vette data legilur : veial hoc Fortuiia mooeri, etc.

Denys d'Halicarnasse', contemporain d'Ovide, parle aussi de cette statue et dit qu'elle était en bois doré. ^uXtv*] irdxpvas';- Dans un aulre passage de ses FasUs', Ovide raconte comment Réa Silvia, la Vestale d'Albe la Longue, fut séduite par Mars, devint enceinte et accoucha dans le temple même de Vesta. « Silvia devint mère ; on dit que les images de Vesta cachèrent leurs yeux de leurs mains virginales \ l'autel de la déesse trembla pendant l'accouchement de la prêtresse et la flamme épouvantée se cacha dans les cendres » :

Silvia fit mater : Vestae simulacra fervntur

Virgineas oculis opposuiise manu*.

Ara deae eerte Iremuit, parienie ministra, El subiit citteret terrila flamma smoï.

Si on lit ces vers charmants en se rappelant les trois exemples que nous avons cités, il est impossible de ne pas en conclure qu'Ovide, ici encore, suivant l'habitude invétérée des anciens, lenle d'expliquer un geste par une légende. La légende vaut ce qu'elle vaut, mais ts témoignage sur le geste est formel ; il existait de très anciennes images, dites de Vesta,

L'AUTEL DE MAVILLY

r dèfsie était représentée se cachant les yeux avec ses fmainx.

Le passage qui nous occupe appartient au Ilf> livre des Fastes. On pourrait objecter qu'au VI" livre du même ouvrage Ovide déclare qu'il n'y a pas de slatues de Vesla et qu'il a été iiîen fou jadis de le croire :

Este diù stullus Vestae iimuiaera putavi, etc. '

Mais, dans ce second passage, il s'agit exclusivement, "comme nous l'avons déjà dit, du temple de Vesla à Rome, ou plu[<M de l'intérieur de ce temple, penits Vestae, k l'époque d'Auguste. Au livre 1(1 des Fastes, la scène est à Allie la Longue, d'oii le très ancien rituel de Vesta avait probablcmeat été transporté à Rome, Même après la destruction d'Albe, et jusqu'à la (in de l'Cmpirc, il y eut des vestales albaincs, placées sous la surveillance du grand pontife romain. Dans les dernières années du iv« siècle, Symmaquc parle encore d'une prêtresse de Vesta à Albe [a/wi Atbam vestalis antistesy. Donc, Ovide, si curieux des vieilles traditions de Lalium, a fort bien pu voir à Albe, sinon à Rome, des statuettes de femme se voilant la face, que l'on prenait pour des images do Vesta.

Cela posé, je crois pouvoir admettre sans témérité que la Vesta du groupe des DU consentes près du Forum, statue dori5e qui liguradans le Icctistcrne de 217, était conforme à ce vénérable type albain. Il n'y a pas lieu de supposer, comme nousl'a- VOns vu. que la statue mentionnée en 217 ait été façonnée pour ba circonstance; elle devait être plus ancienne. Puisqu'une MUtre statue en bois doré, celle de Servius Tullius dans le ■temple de la Fortune, passait pour remonter à l'époque des Rois, pourquoi no pas assigner une antiquité également reculée à ces slatues dorées des Dit consentes vues par Varron rprès de Forum et qualiliées, à la fin du iv* siècle ap. J.-C, t sacrosancta simulacra'! Rien n'empêche, tout au moins, de

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