‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 124 sur 345 · Ad Atn., VII, 61S · texte numérisé non relu

Ad Atn., VII, 61S

. Voir l'art. Caca daus le Lextkon du Roaclier.

L*AUT£L DE MAVILLY 207

certaines villes du Latium^ Tancien couple des dieux du foyer, remplacés plus tard par la vierge solitaire Vesta.

On entrevoit ainsi, dans la pénombre des vieilles traditions latines, Texistence d une Vesta primitive, associée à un dieu du foyer qui cligne des yeux. 11 ne faut pas un grand effort d'imagination pour deviner quelle devait être Tattitude de la déesse. Une expérience facile à vériSer atteste qu'auprès d*un foyer fumeux, si le premier mouvement est de cligner des yeux, le second consiste à les protéger avec ses mains. G*est ce que faisaient Caeculus et sa compagne. De là, le motif de la Vesta albaine, des simulacra Vestae dont parle Ovide, ce type si ancien, si profondément oublié, qu'un hasard vraiment singulier nous a rendu sur un grossier autel gallo-romain de la GâtedOr.

Feu Bulliol, qui a reodu de grands services à. la science par l'exploraliou de Bibracle [plateau du Mont Beuvray), cruL devoir s'élever contre l'explication qui précède si réitérer celle qu'il avait donnée : la iigure qui se cache les yeux serait celle d'un patient qui va subir l'opération de la cataracte. 11 affirmait que cette figure était masculine, vu que les seins ne sont pas indiqués. Comme les Inepties ont la vie dure, la théorie de BullioL a été rééditée en 1905 par .M. A. fiaudut, dans un livre intitulé : L'tudei sur la Pharmacie en Bouriiogne avant / 805. Je reproduis ce passage, qui est réjouissant (p. 17) :

H Un grand pilier quadraagulaire, entièrement couvert de sculptures idolàtriques, retiré à Mavilly (J/éiH.de la Soc. Educnnt, t. XVll, p. 159) des matériaux de l'autel de l'église, représente, entre autres, une scène remarquable de cure médicale. Les archéologues pensent qu'il s'agit du traitement d'une ophtalmie [suit une citation enlre guillemels] : « Le prêtre médecin est assis gravement, ayant sur l'épaule gauche un aigle, l'oiseau qui peut iîxer le soleil et qui symboliserait peut-être l'intensité de la lumière réclamée par le patient. 11 tient des deux mains la pyxide. petit vase d'onguent qu'il s'apprête â employer pour le malade. Ce dernier, debout devant lui, tient les mains sur ses yeux fermés en signe de douleur ou d'appréhension. Ce qui achève de caractériser la scëue([) est la présence du chien qui sa précipite vers l'artllgè, le museau dirigé vers ses yeux et impatient d'être appelé à le lécher, suivant l'usage consacré dans ces sortes de temples, comme à. celui d'Epidaure et en Chypre. L'attitude du malade rappelle ainsi une prescription de la fameuse table du temple de l'Ile Tibérine par laquelle l'oracle ordonne à l'aveugle de mettre la main sur ses yeux ■>.

Tout ce qui est dît là du rite des chiens dans le culte d'Esculape est emprunté à l'un de mes premiers travaux', mais, bien entendu, sans référence.

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