‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 128 sur 345 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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r.'.XKTEMIS ARC.VillENSE

Voici ilonc encore. Bur le mémo autel, une ligure qui ne ■iJérive point de la tradition du grand art hellénique, puisque cet art, je le répèle, ignore absolument le type d'Artémis tenant lieux serpents et une torche. Le prototype, comme celui de l'image de Vesia, doit avoir été une des vieilles statues dti Forum romain, copie elle-même pcut-ôtro d'une ligure italique en bois ou en argile, en rcliel ou on ronde-bosse ; mais, quoi qu il en soit de ces antécédents, impossibles à deviner et à rétablir, il est manifeste qu'à Torlgine du développemcnl que rcfirésenle pour nous la Diane de Savigny, il y a une Artémis anradtcnne, figurée avec les attributs qu'elle avait dans le temple de Lycosoura, et que ni les textes ni les monuments ne signalent ailleurs.

Les choses se présentent donc comme si. à une certaine

loque, les riverains du Tibre, ayant besoin de figurer Diane,

"avaient cherché leur modèle non pas dans l'iconographie

hoIU'nique courante, mais dans le sanctuaire lointain que

rattachaient ît Rome la légende d'Évandre et l'importance

H^etigieuse des Lupercalcs. identiRéps aux LykeiaAe l'Arcadic.

^B La Diane italique est une déesse des forêts, ufmorensix, et

Hns torches jouent im grand rùl<; dans son culte'; mais rien,

que je sache ne la met en relations avec le serpent Si donc

le prototype do la Diane de Savigny tenait deux serpenta dans

la main gauche, cet attribut ne peut s'expliquer que par

nitalion d'un modèle ('^ranger, auquel on reconnaissait,

ur quelque niison. un caractère éminont de sainteté.

L'existence d'une très ancienne statue de Diane est atles-

i Rome, par l'histoire du [e.clkterne olîert à six dieux en

9 avant J.-C ' ; maïs nous ne possédons aucune information

r cette image. L'éjioque et les circonstances où le type de

Irt, art, Diana. Atm te Lrxikon dtr Uylhaiogir, p. )005. Diane ehnse perle une torcliL- tar un bag-relierd'A^igiiou {CIU. XII, ITOS) et iat a petulnre de Tifata {Sotiue liegli Scivi, ISSO, p. 450).

fig. 1. — Diesse aux aerpeals; ïlaluKite découverte ft CDOteoi

L'AnTIi:>ll5 AltCAUlËNNE SIS

l'Art^Tnisdp Lycosoura a ét^' transféré en Italie paraissent impossibles à déterminer; ce serait d'ailleurs une hypotlitse gratuite de vouloir identifior le prototype de la figure qui nous occnpe avec une des statues de culte des vieux temples consacras à Diane dans le Latium. Notons, touttfois, qu'au dire de Caton. la staïue de la Diane d'Aricia avait èi.^ apportée du pays des Taures par Oreste. qui débarqua avec elle à Rh(5gium': quoi qu'il en soit de cette singulière histoire, qui parait avoir trouvé cri^dit. il en ri^sulle que les connaisseurs d'antiquités romaines étaient disposés à attribuer une très lointaine origine à une antique image du culte de Diane en Italie ; de même, lorsqu'il s agit de placir une statue de la déesse dans le temple do Dinne. fondé sur l'Aventin par Serviua Tullius, nous savons par Strabon qu'on choisît non pas une Arlémis du type classique, mais une une idole de l'Artémis (i'Éphèse. à 1 exemple de l'Artéinision de Marseille*. Or, Kphèse et la Tauridc étaient plus éloignées encore de Rome queTArcadie, et, à la dillérence dp cette contrée du IVlopimnese, ne jouaient aucun rôle dans la légende de sa fondation. Reste à expliquer le type de l'Artémis de Lycosoura, ou, du moins, à en rechercher les antécédents. Il me semble qu'il ne peut y avoir doute à cet égard. La déesse identiliéc à Artémîs. tenant dans les mains des serpents, n'e«t autre que la vieille déesse hux serpents, dont M. I''vans a découvert à Cnossoa. en Crète, des images bientôt devenues célèbres {fig. 1 ctâ)'el dont d'autres statuettes, en l>ète raâme, nous ontcnnservé le souvenir'. Celte divinité, probablement chthonienne. déosse-scrpent a l'origine, a reçu didérents noms à l'époque

1. Voir l'ÏQdicatiou des teitcs à Tart Diana de la Rmlencyel. du Paulj- WioBOwa. cal.:j3a, 10.

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