‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 133 sur 345 · Lucain, Phartale, L, 136 et suiv · texte numérisé non relu

Lucain, Phartale, L, 136 et suiv

Haon

[énéraux n'étaient pas moins intangibles. Elles y demeu- , raient, à l'abri de toute injure, pendant des générationa', constituant pour les maisons comme des litres de noblesse dont se prévalaient lenrïi possesseurs successifs. Après le désastre de Cannes, lorsque Fabius dut combler les vides qui s'étaient iroduits dans le corps des sénateurs, il choisit un certain Saombrc de citoyens dont les demeures aacestrales étaient ' ornées de dépouilles prises sur l'ennemi". L#a maison de l*ompée, roslrata domiis, était eacore décorée des avants de navires ciliciens quand elle passa au triumvir Antoine et plus tard, par héritage, à l'aïeul do l'empereur Gordien". Lors de l'incendie de Rome sous Néron, Suétooe nous dit que les maisons des chefs d 'autrefois furent consumées, encore ornées des dépouilles des ennemis {hoslili/jiis adkxic spoliis ornatae] *. Alors mémo qu'une maison passait par vente dans une autre famille, le nouveau possesseur ne devait pas toucher aus spoiian\,h plus forte raison, les faire dis|iara(tro'. Il y a quelque naïveté à prétendre que cette défense de toucher aux spolia, àcXcs réparer ou même do les entretenir, était inspirée par la crainte que des hommes sans conscience fissent alage, dans leurs maisons, de dépouilles apocryphes, comme ^ on achète aujourd'hui de vieilles armures ou des « portraits d'ancêtres' ";le scrupule dont nous venons de citer des preuves était exclusivement religieux et les Romains continuèrent & s'y conformer longtemps après qu'ils eussentcossé de le comprendre.

Dans les temples, demeures des dieux, les dépouilles cnne- ^^ies étaient fixées aux murs et n'en devaient jamais être

H 1. Polybe. VI, 39 : £v ÎÈ t:.lc o«I«i; «-■" "ù; JitiîT-wiàtov; linouc iiflSjai ^MilVKOiLn, wiiuTa nniDÙiuvoi xa\ (laptijpii tî;; iiUTÛn àpn^c- Ct. Tibulle, 1, 1,54: ^Kli btUare dncl terra, Meuala. marique |{ Ut damut hottila praeftral «xu- Hmm. Voir eacore Tit. U".. X, 7;XXXVIU, 43 : Cic , l'Ail-. Il, !S;Siliii», Pun,

Wyï,i36, «te.

s. Ll»., XXUI, 23 ! qui spolia ex hoale fixa domi liabrrenl. 3. Opilolin, Gordien, 3 ; cf. Cic . Philipp., H, '2% &i. i. Suel., Ktro, 3S.

B. Pline. XXXV. 1.

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Ifa, Dicl. of aatiqaities', art. Spolia, p. 69\).

spolit npïrée Kalaj

enlevées. C'est soulemcnt en quelques cîrcoDsUiDces exceplioanellemont graves, lorsque li> i^alul de l'Étal élait en jeu, qu'on so permit d'équiper les recruos avec des armes d'ennemis vaincus. Après Cannes, au moment où Home semblait sans dt-fense, les consuls, dit Tite Live. lirenl fabriquer des armes à la hâte et c les andounes dépouilles des ennemis furent arrachées des lomplos et des portiques »'. Un peu plus tard, lo dictateur M. Junius Pcra se fil autoriser par une loi spéciale à monter à cheval [ce qui était contraire à la loi religieuse) et équipa 6.000 hommes avec lt>s armes gauloisus qui avaiontorné le triomphe de Flaminius'. Tito Live sait qu'une pareille mesure n'était pas moins exceptionnelle que celle qui, à la même époque, ouvrait les rangs de l'armée romaine à des esclaves ; c'étaient, dit-it. « les dorniùres ressources d'un état presque désespéré qui faisaitccderles convenances à ta nécessité'». L'usage d'armes prises à la guerre était chose si anormale qu'on hésitait même à s'en servir quand ces dépouilles provenaient non pas d'une victoire, mais d'un don. Lors du soulèvement de Syracuse, raconte Tite Live, « les citoyens armés s'assemblent sur les places; ceux qui n'on pas d'armes vont au temple de Jupiter olympien prendre les dépouilles des Gaulois et des lUyricns offertes à Hiéron par le peuple romain et supplient le dieu de leur prêter, avec dos dispositions favorables, ces armes sacrées, dont ils ne veulent se servir que pour la patrie, les temples des dieux et la liberté' ». Ce qui rend ces armes sacrées, ce n'est pas seulement le fait qu'elles appartiennent k un temple, car celles dos portiques et des maisons privées de Rome no l'étaient pas moins; c'est qu'il j s'agit d armes prises à la guerre, d'exuviae. l*ar le fait même ' de leur capture, elles ont été soustraites h l'usage, elles sont i devenues théoriquement intangibles; nous avons vu qu'il en est de même lorsqu'elles restent suspendues à des arbres ou

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