Martial, IX
5. Le vers est cité comme orphique (Abel, Orphica, 263, 264). Aulugelle (IV, 11, 9) le lisait dans les Ka6ap(xo{ d'Empédocle, jqxn suivaient la doctrine de Pythagore, c'est-à-dire l'orphisme scientifique. Cf. Diels, Fragm, der Vorsokratiker, p. 224.
lailinlnr, il s'en trouve une où 1o pénitent a'acciisc, devant B dieu, d'un nttouchemeut personnel impur, constitniint un léché'. Le culte d'.\pollou Lormenos à Budinlar n'est pas Nécessairement orphique ; mais on sait que l'orphisme est l'origine thrace et que la Thrace est la métropole religieuse &e la Phrygie.
Nous arrivons donc à des résultats singulièrement concor- " dants : d'un côté. le cynisme et le stoïcisme ; de l'autre, dans la voie étroite, l'orphisme et le christianisme. Ce qu'il y a de plus intéressant à noter, c'est que le christianisme, comme l'orphisme, et k la différence des philosophies de lettrés, attache aux deux espèces d'actes qu'il réprouve le caractère d'impiétés, de crimes envers Dieu, de tabous violés. L'orphisme n'a pas inventé cette manière de voir, qu'il a transmise aux docteurs chrétiens ; il n'est ici que l'écho de vieilles sapersiitions, do tabous préhistoriques. Ces tabous ont dâ, à me époque très reculée, exercer un grand empire sur ta Variété blanche de l'espèce humaine, sans quoi elle ne se lerait pas élevée si haut. A côté du tabou quasi universel du iang clannique, il fallait que les anthropoïdes d'avenir tussent le scrupule de verser leur propre sang et de répandre ' inutilement leur sève créatrice. Ce dernier tabou n'existe pas chez les singes et existe fort peu chez les nègres ; c'est peutêtre pourquoi les singes sont restés des singes et la plupart des nègres leurs cousins germains.
L'avortement volontaire paraît inconnu des animaux' et il est rare chez les sauvages; l'infanticide en tient lieu. Là ^«eulement où l'infanticide est réputé criminel, les pratiques ^hle l'avortement se multiplient. En Grèce, le plus ancien té- ^haoignage à cet égard serait le serment dit hippocratique, Hpar lequel le médecin s'engageait à ne pas remettre de pes- Htaire abortif à une femme et à ne pas pratiquer l'opération "de la taille. Mais la date et l'interprétation de ce document
1. Rtauhj, Cilié* and bithopria, t. I, p. t36, 19! ; cf. Journal of MUnie ttudi»', I8R9, t. X, p. 213.
1. Les cftB de auiclde, cbei les BDiiuaiix, sont rnreii et doutcui. La rraiide 'est pas «ans exemple, mail elle a'eit babiluelle que cbea lei ilngBi.
sont également incertaines ; s'il s'agît bien de l'opération de la taille (et non de la castration), l'interdiction paraît plutôt répondre aux intérêts des spécialistes de la lithotomie, auquel cas la mention des pessaires comporterait une interprétation analogue et n'aurait pas la portée d'une prohibition morale. Galien prétend, il est vrai, que l'avortement aurait été interdit par Solon et par Lycurgue • ; Musonios dit que les législateurs ont défendu aux femmes de se faire avorter, qu'ils ont infligé des peines aux délinquantes et leur ont également interdit d'empêcher la conception*. Mais ces textes sont singulièrement vagues. Il n'y a rien à tirer de l'histoire rapportée par Cicéron sur une femme de Milet condamnée à mort pour avortement, car le crime consistait dans l'intention délictueuse, la femme ayant été corrompue par les héritiers naturels de son mari*. A Athènes comme à Rome, la législation n'est intervenue que dans l'intérêt de la famille et des droits du père ; si l'avortement en soi avait été considéré comme un crime, Platon ne l'aurait pas autorisé et Aristote ne l'aurait pas recommandé pour prévenir l'excès de population ^ Sous l'Empire romain, de nombreux textes de moralistes prouvent que les avortements étaient très fréquents et impunis, bien que mal vus de l'opinion ; il faut attendre jusqu'au début du m® siècle de notre ère pour trouver une loi qui les condamne ^ D'ailleurs — et ceci est essentiel — ni en Grèce ni à Rome l'avortement de la femme no?i manée n'a été l'objet démesures législatives ; on le considérait comme une affaire privée.
Dans l'Apocalypse de Pierre, il s'agit précisément de femmes qui se sont fait avorter hors mariage et qui sont, pour cela, l'objet de châtiments éternels. Ceux qui infligent les châtiments sont les enfants mêmes nés avant terme, con-