‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 149 sur 345 · Plut., De ptacilû · texte numérisé non relu

Plut., De ptacilû

2. Athtnagore déclare à Atarr A jrèls quE les cbiétieas lieaDent pour bomieides le« femmes qui ae fou itortcr — preure que ce n'était pas l'opioioa générale. Inûoeenl XI (! mars «19) a condaojûé la proposition suiïaole : Lieet procurare aborlum ante animaliontm foetu», ne paella deprthenta grarida oeeîdnlur aul in famtlur {Utnùagtr, Enthiridion, n. 10S1). L'effet de cette eondamnaliou, eoDflroiée par les législation! aécoUères, c'est que les ohoseï M font Claude s UneiDGat et malproprvmeul, au péril de la vi» ou de la »&Dlé dea patientes ; que les femmes riches échappent presque toujours nui rigueurs de la loi, taudis que les pauvresBei! en pfltissent (voir les réllvuoni d'Henri Bstiennc et de Bayle dans le fielionnain!, irt. Patin, p. 611 de l'éd. de 1140). Lt coDtradiclioii que prt^aeDleut i cet égard la loi et les mieurs est un scandale auquel le xi* aiède derra mettre Bn. Une socUtA policée ne p«ul facilller ul le auioide, ni l'avorlanient: mais il «embte qu'elle puisse et qu'elle doiTe. par l'entremise de «es magistrats et de ses bommes de icience, accorder it bon «•t^ent l*»ea< ntx uns et Vtjiciat aui autres, pour prévenir des souffraocea IuqUIc* et de plus grands maui.

son héritier le christianisme, il n'est plus question des intérêts de la cité, mais du salut éternel des individus, qui a pour condition essentielle leur pureté. Cette doctrine du salut est enseignée par des Apocalypses, c'est-à-dire par des révélations divines, qui sont les formes primitives de l'enseignement moral, qu'elles soient faites à Hammourabi, à Moïse, à Zarathustra, à Orphée ou à Minos.

En résumé, le passage de Virgile sur les awpot atteste l'existence d'une source orphique où les a<i)pot étaient des PtatoôavaToi, c'est-à-dire des enfants avortés ; cette source orphique a également inspiré Fauteur judéo-égyptien de l'Apocalypse de Paul ; elle a inspiré l'enseignement du christianisme en ce qui touche les devoirs physiques de l'homme envers lui-même et il résulte de là, comme d'autres considérations concordantes, que le christianisme ne dérive ni du judaïsme sacerdotal, ni de l'hellénisme littéraire, mais d'une morale et d'une eschatologie populaires greffées sur la cosmogonie des Hébreux'.

i. Je ne prétends nullement que la morale orphique soit spécifiquement grecque ; c'est une morale populaire et religieuse qni caractérise un certain degré d'évolution et qui, en pays hellénique, semble d'abord avoir été mise par écrit dans les livres orphiques. En Asie-Mineure, en Syrie, en Egypte, en Inde, ailleurs encore, la même morale a dû prévaloir à certaines époques et dans certains milieux sociaux, sans qu'on ait le droit de la faire dériver de Torphisme grec ni du pythagorisme italien.

Appendice.

Je reproduis ici — parce qu'oa me l'a souvent demandé et qu'il est introuvable — l'article que j'ai publié dans la République Française du 15 janvier 1893, lors de l'édition princeps (due à feu Souriant) de V Apocalypse de Pierre. Cet article a été tiré à 100 exemplaires in-16. Me sera-t-il permis de dire qu'il fut remarqué dans le temps et que Jules Ferry, déjà très souffrant de la maladie qui devait l'enlever peu après, prit la peine de m'écrire pour m'en exprimer sa satisfaction ? La bonne foi m'oblige à le rééditer tel quel, avec ses imperfections, sans profiter de l'immense et savante littérature que ce précieux fragment a povoquée. Je prie mes lecteurs de croire que je ne Tignore pas tout ix fait '.

1. Une bonne édition, avec traduction allemande, se trouve dans les Antiiegomena d'E. Preuschen (Giessen, 1905), 2« éd., p. 84, 188.

L'Apocalypse de saint Pierre.

Une apocalypse est essentiellement, comme l'indique le nom grec, une révélation portant sur des faits qui se dérobent à la connaissance des hommes. G*est le récit, fait par un privilégié, d*une vision dont il a été le seul témoin ou, du moins, dont il es^ le seul garant. Les compositions de ce genre ont tenu une grande place dans la littérature juive; mais peut-être faut-il en faire remonter l'origine à la Fhénicie et à la Chaldée. Le christianisme primitif a lu surtout deux apocalypses» attribuées Tune à saint Jean, l'autre à saint Pierre, et dont les destinées ont été bien différentes. Tout le monde connaît l'apocalypse de saint Jean, écho de la persécution dirigée par Néron, en Tan 64, contre les chrétiens et les juifs confondus*; on est porté à y voir aujourd'hui le remaniement, dans un esprit chrétien, d'un document originairement juif. Dans un morceau célèbre, appelé le Fragment de Muratoriy qui parait remonter à la fin du second siècle, cette apocalypse est mentionnée parmi les écrits que reconnaît l'Église d'Occident, à côté d'une apocalypse de saint Pierre. Vers la même époque, l'apocalypse de saint Jean était exclue des canons de TEglise d'Orient. Même au iv» siècle, l'accord ne s*était pas encore fait sur l'autorité de cette révélation. Un peu plus tard, lors de la constitution du canon, elle est admise par l'Église, tandis que l'apocalypse de saint Pierre est rejetée parmi les apocryphes. Cependant nous savons qu'en 440 on la lisait encore publiquement avant Pâques dans quelques églises de Palestine. Mais, vers le ix^' siècle, elle cessa d'être copiée, même en Orient» et disparut, sans laisser d'autres traces que quelques extraits conservés par des auteurs ecclésiastiques.

Le hasard a voulu que M. Bouriant en retrouvât un fragment très considérable dans la même tombe de moine égyptien, à Akhmîn, qui nous a rendu les nouveaux chapitres de l'Evangile de saint Pierre, étudiés dans la République Française à la date du du 5 janvier (1893).

1. [Le texte actuel est de l*aii 93 ; cf. plus haut, t. II, p. 356 et suiv.].

L'APOCALYPSE DE SAINT PlERIlE

Le texte commence à la Ra d'ua discours Je Jé»us : << Beaucoup

L d'entre eux serouL de faux proplièles el enseigneront les voies et

les doctrines de la perdition. Ceux-là seront les (ils delà perdition,

et alors Dieu viendra vers mes fidèles, souffrant de la faim et de

»la soif, opprimés, éprouvant leurs ûmea dans celte vie, et il jugera tes Bis de l'injustice «.

Puis Jésus dit à ses disciples : t Allons sur la monta);ne et prions •>.

Les douze disciples l'accompagnent et lut demandent de leur montrer un de leurs frères, un juste ayant quitté le monde, afin

iqu*il connaissent la condition où il vit et que, prenant confiance •n eux-mêmes, ils puissent réconforter un jour ceux qui les i^eouteront.

Us se mettent en prièreet alors deux hommes paraissent devant |e Seigneur, si brillauls qu'on ne peut les regarder en face; un JFayon semblable à ceux du soleil sort de leur visage ; leurs vêlements rayonnent, leurs corps sont plus blancs que la neige et plus rosés que la rose; leur chevelure, épaisse et fieurie, encadre harmonieusement leur visage el retombe sur leurs épaules comme une couronne de nord en épis el de fieurs variées, ou comme l'arc-en-ciel dans les airs; une indicible beauté est répandue sur eux. Les disciples sont frappés d'admiration et d'étonnement. Celui qui s'exprime à la première personne s'approche du Sei- ^gneur et lui dit : u Quels sont ces hommes? — Ce sont vos frères, V-fépond Jésus; ce sont les jusles dont vous avez voulu couualtre iL^rupect. > Le disciple reprend : « Et où sont les autres justes? Où résident ceux qui sont en possession de cette gloire? » Ici commence l'apocalypse proprement dite ; je traduis le texte grec autant qu'il se pr^te à une traduction :

k« El le Seigneur me montra un lieu très étendu situé en dehors 8 ce monde, resplendissant de lumière, illuminé par les rayons U soleil; le sol était couvert de fieurs qui ne se fanent jamais, rempli de parfums et d'arbres aux feuilles éternelles, couverts de fruits abondants. Le parlum des fleurs était si fort qu'il venait jusqu'à nous. Les habitants de ce séjour étaient velus comme les anges de la lumière et leur vêtement ressemblait au pays qu'ils babilaieut. Des anges couraient autour d'eux et tous louaient Dieu d'une seule voix. Le Seigneur nous dit : « Voilà le séjour des I llummes justes, des pontifes de votre foi. <> f € A l'opposé de ce lieu, j'en vis un autre desséché et hideux.

â86 L'APOCALYPSE DE SAINT PIERRE

Les geDs qu'on y châtiait, comme les anges chargés de les punir, portaient des vêtements sombres semblables à l'atmosphère qui y régnait. Quelques-uns étaient suspendus par la langue : c'étaient ceux qui avaient blasphémé la voie de la justice; un feu brûlant les enveloppait et les torturait. On y voyait aussi un grand marais rempli de vase bouillonnante, dan§ laquelle étaient plongés ceux qui avaient perverti la justice; des anges tortionnaires s'acharnaient sur eux. Des femmes aussi étaient suspendues par les cheveux au-dessus de cette fange bouillonnante : c'étaient celles qui s'étaient parées pour l'adultère, et ceux qui avaient été leurs complices étaient suspend us par les pieds, la tète plongeant dans la boue. Je disais : « Je ne croyais pas devoir venir en ce « lieu », et je voyais les meurtriers et leurs complices^ jetés dans un endroit resserré et rempli de reptiles féroces, tourmentés par ces bêtes et s'agitant dans leur supplice. Les vers rampaient sur eux comme des nuages d'ombre; lésâmes des victimes assistaient au châtiment de leurs meurtriers et disaient : « 0 Dieu, ton juge- « ment est juste! »

« Et près de ce lieu, j'en vis un autre non moins resserré dans lequel un pus infect découlait du corps des suppliciés et formait comme un marais. Il s'y trouvait des femmes ayant du pus jusqu'au cou et en face d'elles un grand nombre d'enfants nés avant terme, qui pleuraient. Des langues de feu s'échappaient de ces enfants et venaient frapper les yeux des femmes : c'étaient celles qui avaient conçu et s'étaient fait avorter.

« Il y avait aussi des hommes et des femmes brûlés jusqu'à micorps, plongés dans un lieu de ténèbres, fouettés par des démons cruels, les entrailles rongées par des vers infatigables : ceux-là avaient accusé les justes et les avaient livrés.

« Et près d'eux se trouvaient encore des hommes et des femmes aux lèvres rongées et ayant devant les yeux un fer brûlant; c'étaient les blasphémateurs et ceux qui avaient calomnié la voie de la justice. Et en face d'eux, d'autres hommes et d'autres femmes dont la langue était rongée et qui avaient dans la bouche un feu brûlant : c'étaient les faux témoins.

« Et dans un autre lieu se voyaient des cailloux brûlants plus aigus que des épées et que des aiguilles, sur lesquels roulaient des hommes et des femmes vêtus de haillons : c'étaient les riches orgueilleux qui, néglij^eant les recommandations divines, n'avaient eu pitié ni de l'orphelin ni de la veuve.

rPŒRRK

(( Dans UD autre très grand marais pleiu de pus el de saag, et botiHlaDl dans ce mélaDge, se trouvaient des hommes et des Lfemmes enTouis Jusqu'aux genoux : c't^taient ceux qui avaieul Kprété de l'argent et réclamé les iatéréts des intérêts. D'autres l'hommes et d'autres femmes se précipitaient du haut d'uu escarlipemeiit, puis étaient aussitôt chassés par leurs bourreaux qui s obligeaient de regagner le même sommet d'où ils se précipiwent de nouveau, sans repos ni trêve, Les liommes élaienl ceux ■qui avaient souillé leurs corps en se comportant comme des [tommes; les femmes élaienl celles qui s'élaienl unies entre elles |~Comme l'horame s'unît à la femme.

u Et auprès de ce précipice était uu lieu plein de Ûammes, où se tenaient les hommes qui, de leurs propres mains, s'étaient fait des statues pour les adorer.

i" Auprès d'eux, d'autres femmes et d'autres hommes tenaient 4cs verges el se frappaient les uns les autres, san^ que ce uhAli- &ent ceas&t jamais; el d'autres encore, dans le voisinante de ceux* ^, hommes et femmes, brAlaient el se tordaient et grillaient : s'étaient ceux qui avaient abandonné la voie de Dieu. » Un mot d'abord sur l'auteur de ce fragment. 11 se désigne seuleïnent, dans ce qui nous reste, comme un des apàlres ; mais il n'est pas douteux que nous ayons là une partie de l'Apocalypsp quu le christianisme primitif attribuait ii suinl Pierre. Clément d'Alexandrie, qui la croyait authentique, nous en a conservé trois passages relatifs aux cbàtiments des femmes coupables; or, la mention de langues de feu qui viennent frapper les yeux des femmes se retrouve dans un de ces fragments comme dans le morceau d'AkhmIn. Les deux autres citations n'y Qgurent pas, mais l'esprit en est le même, et il ne faut pas oublier que la partie recouvri'e n'équivaut même pas à la moitié de l'ensemble, donl les auteurs ^brétieos ont indiqué l'élendue en ligues (ffri/oi).

Un jeune homme ayant, par amour, tué une jeune fille, vient ft confesser à saint Thomas. L'ap6tre fait revenir la victime à la ! et lui demande de décrire l'endroit où elle a séjourné. La uine Glle entre alors dans de longs détails sur ce qu'elle a vu ^x enfers et son récit présente beaucoup de points communs rec celui que nous venons de traduira. C'étiit le, pour llenan, llk première esquisse d'un enfer chrétien, avec ses catégories de

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