Bulletin de corresp. hellénique, 1882, p. 324, n
significations des mots français vertu et courage*. Or, si Ton veut donner à ipstr, le sens de vertu, làpsTaXoYo; ne peut être qu'un philosophe véritable ou le moraliste bouffon des dictionnaires, interprétations l'une et Tautre condamnées par les textes. Si, d'autre pari, l'apeTaXcYc; est un conteur de fables, on entend àpevci dans un sens où ce mot n'est pas employé par les auteurs.
Waddington a publié, d'après une copie de Le Bas, une intéressante inscription de Stralonicée qui avait déjà été insérée par Bœckh dans le Corpus d'après de mauvaises copies de Sherard et de Chandler*. Tel qu'il a été constitué par le dernier éditeur, ce texte offre encore des difficultés; mais le sens général en est fort clair. Le préambule du décret établit que les divinités tutélaircs de la cité, Zeus Panémérios et Hécate, ont sauvé la ville de nombreux dangers et ont valu à son temple la reconnaissance du droit d'asile par le Sénat de Rome; c'est donc le devoir de la ville de leur témoigner sa piété, et le sénat local prescrit en conséquence des cérémonies qui doivent être célébrées en leur honneur. Voici le texte des premières lignes du décret :
Ty;v TTCAtv avwOsv t-ïj twv xpoecTGjTwv ajT^Jç {/.SYiaT^ov Oewv ::p5vo{a. Atc^ navY)|j.£p{ou y.ai ^Exànf)^, r/. ttcXawv v,x\ {j.£YaXa)v y.a» auve^rwv 7,'.v$jv(i)v G£j(076a'., 0)7 /al Ta ispi ajuXa y.al ly.ÉTat y.al if} Ispi a'jvy,Xr,To; Gsy'j.aT'. ]2î[ôa(JT0j Kaiaapoç èzl] tyJç t(T)v y,up{o)v 'P(i);j.a{(i)V auovicu apy ;?;; à :: c ». r, tj a v t o izpoox'uXq £ v s p v e { a ç * xa ag)^ 5 ï ïyv, za sav czGjBr^v ôiJ^ipETOa'. v.^ ty;v 'izphq OL'j'oltq £jS£Ô£iav, y.al \Lr,zv/x y.aipèv -TTapaX'.TTîîv Tcu EjcîoîTv y.al Xi'xnhvf ajTOj^, y.aOîopuTa'. cà i^^'i\\KX':2 Vf TO) (jîSajTO) j3o'jA£JTr<p(o) T(T)v 7:po£'.pY;|j.£V(ov 0£o>v, £7:'.9av£!jTâTa; TrapfyovTa t?Jç 0£{aç cuvâ|X£(oç àp£Tâç.
Le contexte, que nous avons cité, sert à préciser clairement le sens du mot âp£Tr^dans la dernière phrase. La seule traduction possible de cette dernière phrase est la suivante : « Des statues des divinités susdites sont élevées dans le local du
1. [Voir maintenant la dissertation do Jonnnes Ludwig : Quae fuerit vocis oLpl■:r^ vi^ ac natura anle Demoslhenis exilum, Leipzig, 1906.]
2. Corpus inscr. graec.j t. Il, n^ 2715; Le Bas et Waddington, Inscriptions d'Asie Mineure, n« 519, p. 142.
inat, ofTranl aux yeux (etrappolant à l'esprit} les Idcnfînts Hrfes évidents de la puissance divine ». Si l'on rnppro<'!n' ri'IUexpression de celle que nous avons soulignt'e jilua haut daus le mCme décret, èîîji'ijïivTs ^poçavEl^ Èv£pYi:aç, on reconnaîtra faci-
Pient qu'àpe-ià; est ici synonyme d'êiEp-fEiaç, signifiant l'inliTtion des dieux en faveur des liomines et les marques de e intervention. Ce sens conduit naturellement à celui de •acU, que l'on définit ainsi : Effet produit par une puisce surnaluretle (tî]; âfifa; suva;i£Wî ipETiç). .e sens de miracle, que nous attribuons au prec ipef^'. ou plutôt à l'c-xpresBion complexe t^ç Oïîaç 3uv3[ieù)î à^vzul. appartient, dans le grec de l'Ëvangile, au mot Sûvap^i; tout seul. Citons ce passage de l'Évangile suivant saint Matthieu' : iJK. ÈîTîÎTicev èxsT 3uvi(i.E[ç soAXiç (i Xpinsç) îii ttjv «TjiffTiïv . Le latin de la Vulgate, de son côté, rend la même idée r virtutes't équivalent exact d'ipE^ai dans le décret de Slra- ^DÎcée : El non fecit ibt virlutes multas propter iacredtilita- 1 eorum .
Remarquons encore que virlutes, dan« la latinité des Pères, iynonyme que les écrivains païens n'emploient pas ^davantage dans le même sens ; c'est fortitudtnes, signifiant « puissances cachées ». Ainsi saint JérAmo* : Prodexl fortJtudiaee pessimas (daernan'-s) inler se non haberi concnrdiam. Or, le pluriel grec Suvijj^Ei; se trouve aussi, dans quelques textes
[Mon lijpolhèsr' iLir II' sca» d'à; h déCQuverle. surrAcropok d'Alhèai'i 'K^iâii Mivitn ivEhiit» ô'^nv lâaûaat à dSD» la Revue archéotogique (1889, II. p. 87} :
iniiL^e birritdl aprt« pur ce I& àtAicuM nti^iuW :
i; OioO. J'iïcrivaii t ce *iijet M. Poucart, quia •■TamoieDl
sme
le mot âptT^ 7 eet •ilalogiies. • — Od a
commenlé ce leile, a bien voulu rairts remarquer qui employO dans un teos iueoaoa de» lexiques, mais lumiËri^ il y a plusieun aUD^ei dan* uo travail lur lei a ifgualé depuis d'aolrea exemples de ce ttu» d àpit^ ifitinc, àpiiic dtD« iniiiriptiou métrique d'Italie, Corp. iiucr. gr. liai. iOtt), Dotammeot daui SepUoU (iMÎe, xui, B. 13. tuvavi-.i tù tew fil», tiï àpiTàc i-Jra^ hi nisau àvaTTilaOniv). Cl. ReiUPDiteia, op. laiid., p. 10, H.) 3. MaUb., xiir. SS.
3. [Déjà dans Properoe, 111, 11. 20, il parait >Hre questioD de in virlm BacehUB au lens de ■ puïiiauce lIWiue > ; cf. Rrilienttein, p. 11.]