‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 158 sur 345 · Revue de l'histoire des Religions^ l';06, p · texte numérisé non relu

Revue de l'histoire des Religions^ l';06, p

2. Censoriuu», De die natalij éd. Jahn, p. 51 (chap. 17) : Quoi autem xaecula urbi Romae deheanlur^ dicere meum non csl : sed, quid apud Varrouem lr(jerim^ non tacebo, qui libro Antiquitatum duodevicesimo ait fuisse Veilium Romae in augurio non ignobilem^ ingenio maynOy cuivis dodo in disceptandn parem, eum se audisse dicenlem: Si ita esset, ut tradiderunt hisloriciy de Roinuli urbis condendae auguriis ac duodecim vulturibus^ quoniam CXX annos incolumis praelerisset populus romanuSy ad mille et ducenlos perventur

mièrcs lueurs de l'aurore, n'en vit que six. Ces douze vautours^ suivant l'interprétation de Vettius, signifiaient que la vie du peuple romain devait se prolonger pendant douze siècles; le contexte prouve qu'il s agit bien, en l'espèce, de siècles évalués à cent ans *.

Tite Live, au début de son Histoire, fait observer que plus de 700 ans se sont déjà écoulés depuis la fondation de Rome et il ajoute que le peuple romain est en pleine décadence, dans une décadence sans remède». C'est donc que la vieillesse a commencé, après la jeunesse, l'adolescence et l'âge mùr; Rome est plus proche de sa fin que de ses débuts. Cette doctrine, bien que vague, concorde avec celle qu'exposait à Varron l'augure Vettius.

Florus, écrivant vers la fin du règne de Trajan, compare aussi la vie de l'Empire romain à celle d'un individu qui a son enfance, son adolescence, sa virilité et sa vieillesse. L'enfance de Rome, suivant lui, a duré 230 ans ; son adolescence 250 ans aussi, que Rome employa à soumettre l'Italie; sa virilité occupa ensuite 200 ans, jusqu'à la pacification du monde sous Auguste; puis commença une décadence de 150 ans et, contre toute espérance, un reverdissement de sa vieillesse sousTrajan. Florus paraît assigner àTEmpire une durée d'environ dix siècles, puisqu'il dislingue quatre âges dans sa vie et attribue 250 ans aux deux premiers ; mais ce qu'il dit du renouveau de l'Empire sous Trajan exclut toute possibilité de calcul précis.

On trouve plusieurs fois la trace de la supputation de Vettius au cours du dernier siècle de l'Empire, à l'approche de l'échéance fatale. Après la victoire de Stilicon sur Alaric à Pollen tia, en 403, Claudien composa son beau poème sur la guerre gétique. Il y décrit, en termes saisissants, les terreurs

1. Ceasorio., chap. 17: Civile Romanorum saeculum centum annix Iransigiiur. Cf. Plat., De Rep.^ X, 614 6, où il est dit qae la vie uormale de l'hoinme est de cent ann : toOto o' eIvxi %%x% èxaTovTasTripiîa ixdt(TTr,v, o>; ^:ov ovto; t090VtO*J ToO àvOprj>ic:vo*j.

2. Tite Live, I : Ire coeperint praecipites, donec ad haec lempora, (juibus nec vilia nostra nec remédia pati p08sumuê, perventum est.

de Rome qui se croyait condamnée par le^Destin, mais que la valeur de Stilicon a sauvée :

Damnati fato populi, virlute renati (XXV, 43).

Déjà Ton parlait de quitter Tltalie, de chercher asile en Sardaigne ou en Corse ; la peur, toujours crédule, répandait dans le peuple des prédictions sinistres ; on s'inquiétait du vol des oiseaux, des prophéties consignées dans les livres fatidiques^ surtout d'un incident qui s'était produit en présence de l'empereur llonorius. Un jour qu'il exerçait ses chevaux dans une plaine, deux loups s'élancèrent sur son escorte ; percés de mille traits, ils succombèrent, mais deux mains humaines s'échappèrent de leurs flancs entr'ouverts*. On tirait de là les plus funestes présages, en rappelant la louve nourrice de Romulus et Von se reprenait à calculer le nombre des années en arrêtant dans son vol un des douze vautours :

Tune repulant annoSy interceptoque volatu

Vulluris^ incidunt properatis saecula métis (XXVI, 26G).

Le sens de ce passage est clair. D'après l'interprétation de l'histoire des douze vautours donnée par Vettius, l'Empire devait durer jusque vers le milieu du v* siècle. Le millième anniversaire de Rome avaitété célébré solennellement en 248* ; on admettait donc officiellement, à cette époque, que la fondation de la ville se plaçait en 753, date adoptée par Varron et par Cicéron. Dès lors, le douzième siècle avait commencé en 348 et aurait été accompli à moitié en 398. Mais la date de 753 était loin d'être généralement adoptée'. Fabius Pictor, Denys d'Halicarnasse, Solin et le Syncelle préfèrent celle de 747, plaçant ainsi la fondation de Rome six ans plus tard. Si les contemporains de Claudien étaient du même avis, la première moitié du douzième siècle devait s'achever en 404, la seconde en 454. Or, c'est précisément aux abords de l'an 404, en 402-3, que Rome avait été gravemeot menacée par Alaric. 11 faut donc interpréter le versdeClaudienàla lettre: incidunt

\, Voir Coheu, Monn. imp., 2» édit., l. V, p. 93. L'an 248 de J.-C. est l'an 1001 de Rome.

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