A PROPOS DE L.\ CURIOSITÉ DE TIBÈRE
récit évangélique comporta celui de la Passion (sous rinûueace des prophéties, des psaumes et d'ua facteur très important qui nous échappe), la fin glorieuse ne fut pas éliminée, mais resta à titre d'épisode. Je sollicite, sur cette hypothèse, l'avis de mes doctes maîtres, les théologiens;
6*" L'argument que j*ai fait valoir en 1904, tiré de la prédiction de la crucifixion au verset 17 du Psaume XXII*. Cet argument n'a pas été réfuté par M. Jean Réville, qui s'y est pourtant loyalement essayé ; voici la réponse que je lui ai faite • :
Monsieur le Directeur,
« Voulez-vous me permettre une courte réponse à votre article sur le verset 17 du Psaume XXll?
« Vous admettez que le texte grec ne résulte pas d'une interpolation chrétienne, mais vous contestez absolument que ce texte désigne le supplice de la croix. Or, je prétends qu'il désigne ce supplice de la manière la plus expresse et que pas un lecteur sachant le grec ne pouvait s'y tromper'. J'ajoute que toute autre interprétation de ce texte conduit à une absurdité. En effet, s'il s'agissait de morsures ou de déchirures infligées au Juste par des chiens, le sujet de (opjÇav serait xùveç, qui est à deux lignes plus haut; il en résulterait que le verbe du verset suivant « ils ont compté mes ossements » aurait pour sujet a les chiens », qui ne savent pas compter; bien plus, il faudrait attribuer aux mêmes chiens l'acte de tirer au sort les vêtements du Juste (verset 19). Vraiment, on ne peut même pas discuter une pareille hypothèse. En outre, top'j;av signifie « ils ont percé /> ou « ils ont creusé •» et ne signifie jamais « ils ont déchiré ». La question de savoir ce que le traducteur a lu dans Thébreu est en dehors de notre sujet; il s'agit seulement de savoir comment les Juifs hellénisants ont compris. Or, ils n'avaient pas deux manières de comprendre. Le percement des mains et des pieds caractérise la crucifixion : ed lege uf affigantur bis pedes bis brachia écrit Plante (MostelL^
1. Cuites j Mythes, t, I, p. 437 el suiv. {Revue de f Histoire dus Religions ^ 1905, p. 260-266).