Revue de l'Histoire des Religions^ 1906, p
3. Psaumes, XXil, 17 : ôtt êxuxÀoxrav (xe xjvî; tcoXXoî, ajvxywyr) icovTjpsuoiiévwv TC£pil(T-/ov (jL£ ' (opuÇav x^'P^C V"^^ **' Tcôôa;. *EÇY]ptô(iY]a2v itâvra xà ootS piou, X T. X.
A PROPOS M LA rUBIOSITÉ DE TIBÊRK SI
11, 1, 2], en parlant de la mise en croix d'un esclave. L'idée du Juste mis en croix étaiL certaine ment popnlaire duos l'antiquité. Eu efTet, dans la République de Plalon (II, p. 302, a), Glaucon s'exprime ainsi : « Je ne parie pas de mon chef, mais pour ceux qui préfèrent l'injustice à la justice. Le -luste, disent-ils, sera fouetté, torture, mis aux fers; on lui brûlera les yeux; eolin, après lui avoir Tait souffrir tous les maux, on le mettra en croix * '. Donc, il D'y a pas là une invention de Platon ; il fait nettement allusion à une histoire qui courait, témoignant de l'impuissance de la vertu en présence de la méchani-elé îles hommes. Celle histoire, comme tant d'autres dans Platon, est peut-être d'origine orphique ; la conclusion qui ea ressort, c'est la nécessité des sanctions supra terrestres. Nous avons Ik une preuve évideiile que l'histoire du JuMte crucifié était connue longtemps avant la Passion. Dans un autre passage de la République (X, p. Uli a), les méchants sont menacés des mêmes souffrances endurées par le Juste (i/i itroni torturéi et brûlés au fer rouge) ; ici, il n'est plus question de lu crucillxion, mais le texte vise le passage du livre li où il en est parlé.
• Donc : 1" le texte grec du Psaume mentionne la cruxilixion du Juste ; 2' ce texte ne pouvait être compris autrement qa'il ne l'a été par lea Pères, tant grecs que latins; 3" l'idée du Juste cruoiOé était popidaire et n'a pas été mise en circulation par un contresens des Septante ; elle est antérieure à la fois au Psaume XXII et à Platon. «
7* Un fait bien curieux, c'est que l'Église victorieuse croit connaître la date de la mort de Jésus, tandis que l'Église primitive l'ignore'. Si Luc fait vivre Jésus de — 4 à -i- 29 environ, Jean et les presbytres d'Asie (Papîasj, suivis par Irénée, lui attribuent 49 ans de vie terrestre ; le faussaire chrétien, auteur de la lettre de Pilate, le fait mourir sous Claude (après 41. probablement en 45);uD très ancien document, copié vers 'ilO par l'évéque Alexandre, fondateur de la bibliothèque de Jérusalem, place la naissani'e de
1. 'AvaoxivJuXe'j^v.îai. Ce verbe ue ae reaconlre pu ailleurs ; mah ClËment d'Alexsndrie cite le psieage de Platon comme une prophf'tie de la Pas*ioa {Stromates, V, p.1l»}el ou lit daua Hesycbiue : iva<ni<v£-j).!-5Eirtai ■ âvanoioKi-
i. Ce sujet 'leiuaiKlerait à Mre trait6 louguement; foir Dobschuti, Tul» und Vnttriuchungen. l. \l, I, p. I3G et suit., où rou Iroitvera les docunieiiU easentieU.
A PROPOS DE tA CURIOSITÉ DE TIBËSE
Jésus en + 9, son baptôme en + 46, sa mort en + 58 [sous Néron) ; le chroniqueur byitiintin Syncelle. citant <• des manuscrils exacts et anciens », el malgré la IradilioD ofiicielle de l'Église, dit aussi que Jésus est né en + 9 et mort en -j- 58; l'auteur des Aetet païens de Pilale, cités par Eoaèbe, fait mourir Jésus en + 21. La chronologie de Pilale n'était connue d'Eusèbe lui-même que par le témoignage de Josèphe et il est inadmissible que l'on ait placé la mort de Jésus en 58, alors que Pilatc Tut disgracié dès 36, si le nom de ce procurateur avait fait partie intégrante des premiers récils évangéliques. La date singulière de 58 parait élre celle de la dispersion déHnilive des apôtres; on obtint celle du baplérne en déduisant 12 ans, période postulée par quelques-uns pour renseignement de Jésus, soit avant, soit après sa mort, et celle de 9
Fig. I. — Ssrcophage clirélien liécoiiTcrt à Rome.
en déduisaol 49, âge présumé de Jésus dans le texte Johannique. Autant de combinaisons et d'hypothèses contradictoires qui excluent l'existence de textes historiques précis.
8" Dans loule une série d'œuvres d'art chrétiennes, sarcophages, ivoires, mosaïques, dont quelques-unes remontent au iv^ siècle, Jean baptisant Jésus est figuré comme un homme de cinquante ans au moins, alors que Jésus esl un enfant de dix à doi Or, suivant Josèphe, le Baptiste mourut plusieurs années avant 36 ; s'il baptisait en 30, Jésus serait né au plus tôten 18ou20 et, mort à 30 ans, aurait subi la Passion vers 50 (encore sous Claudel}. Ainsi, même dans des œuvres d'un caractère presque officiel, la chronologie de Luc n'est pas observée el c'est une autre qui prévaut, dilTérente encore de toutes celles dont il vient d'être question.
1. Kev. areMol., 190S, 1, p. li et suiv. (Cecil Torr); 1901, II, p. Ajout» Jahrb. dtr Prtiui. Ku/tttiammtungtn, tSD3, p. G9, pi, tB.