Chronica Minora^ t. îl, p
royaume germanique dltalie comme le successeur inmiédiat de TKmpire romain [Gothorum dehinc reijibus Bomam tenejitibus, sans allusion à l'usurpation d'Odoacre, 476-489, pendant laquelle, officiellement, l'Italie fut rattachée à TEmpire d'Orient). En revanche, la date de 454 était, suivant toute apparence, celle que les Romains avaient acceptée, par la raison qu'elle semblait d'accord avec une vieille prophétie.
Ainsi, depuis Tan 95 avant J.-C. jusqu'en l'an 527 après notre ère, nous suivons la trace d'une prédiction qui s'est accomplie presque à la lettre et qui a du peser d'un poids très lourd sur le moral des Romains lettrés, toutes les fois que les destinées de l'Empire semblaient en jeu. Les poètes eurent beau, depuis Virgile, prédire à Rome une durée sans fin, imperium sine fine^ ; on démêle, à travers toute l'histoire impériale, comme un vague sentiment de malaise, des inquiétudes pour l'avenir de la puissance romaine et la croyance, nettement exprimée par Tite Live, que ce grand établissement va vers son déclin ^
La prophétie de Vettius, ou plutôt son inlerprétation de l'augure de Romulus, ne devait pas être le seul argument invoqué par les pessimistes du temps d'Alaric. Claudien dit que les terreurs de Rome, en 403, s'autorisaient aussi des livres sibyllins. Les timides demandaient les secrets d'un avenir prochain à ces textes, gardiens des destins de Rome :
Quid carminé poscat Fatidico custos Romani carhasus aevi (XXVI, 231-2).
Or, les livres sibyllins acquis par Tarquin avaient été détruits en 83 av. J.-C. dans l'incendie du Capitole; on les avait reconstitués tant bien que mal en recherchant de prétendus oracles de la Sibylle h Samos, à Ilion, à Erythrées, en Afrique, en Sicile et dans les colonies italiennes*. Ces nou-