‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 161 sur 345 · Cf. Dio Cas9., LXXV, 4 ; Lampride, Diadum · texte numérisé non relu

Cf. Dio Cas9., LXXV, 4 ; Lampride, Diadum

3. Tacite, Annales, VI, 12; Lactaoce, Instit,^ I, 6, 14 ; cf. SabaUcr, daas les

à08 UNE PRÉDICTION ACCOMPLIE

veaux livres sibyllins, écrits en grec, étaient, en grande partie, l'œuvre de Juifs hellénisants, naturellement très hostiles aux puissants du inonde et toujours prêts à prédire des catastrophes dans le style que l'Apocalypse johannique nous a rendu familier. Ils ne devaient pas différer beaucoup, par le fonds, des oracles sibyllins que nous avons conservés ; toutefois, dans une partie de ces livres, lannonce de la ruine de TEmpire est presque un lieu commun* et il est à croire que des oracles devenus officiels n'auraient pas été acceptés comme tels s'ils avaient été aussi ouvertement antiromains. Tacite nous apprend d'ailleurs que les quindécimvirs firent un triage dans la masse des vers sibyllins rapportés par les commissaires que le Sénat avait envoyés en Orient pour recueillir des documents de ce genre. Quoi qu'il en soit, les sombres prophéties à longue échéance ne doivent pas avoir été toutes éliminées. Le passage cité de Claudien autorise à croire qu'on trouvait dans les livres sibyllins, en 403, des motifs de craindre la ruine prochaine de TEmpire. J'ai proposé, il y a plus de vingt-cinq ans% d'expliquer ainsi pourquoi Stilicon lit brûler ces livres, à la grande joie de Prudence, à la grande colère de Rutilius. Claudien, protégé et confident de Stilicon, en parle encore avec respect, mais — cela ressort clairement de tout le passage — en regrettant qu'on y ait recours à l'heure des périls. Je crois que M. Bouché- Leclercq s'est trompé en écrivant' : « Claudien, chantant vers 402 la guerre gotique, vante encore le lin qui garde dans ses plis fatidiques les destinées de Rome ». Claudien ne vante pas ce lin, pas plus qu'il ne vante la prophétie des douze vautours : il en a peur. On dirait presque qu'il conseille à mots couverts ou qu'il prépare la mesure radicale prise peu de temps après — entre 4Û4 et 408 — par Slilicon. Ce dernier a-t-il agi par fanatisme chrétien ou, comme le dit

Éluder de critique et d'histoire (Paris, 1896), p. 147. Tous les teites oat été réunis et discutés dans les SihyUina d'Alexaudrc, t. Il, ii, p. 174 sq.

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