‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 163 sur 345 · LE SANCTUAIRE DE LA SIBYLLE DÉHYTHRÉE · texte numérisé non relu

LE SANCTUAIRE DE LA SIBYLLE DÉHYTHRÉE

grande partie de sa vie à Samos; elle alla ensuite à Claros dans le pays des Colophoniens, à Délos et à Delphes. Arrivée dans ce dernier endroit, elle se tenait sur cetle pierre, d'où elle rendait ses oracles; elle finit ses jours dans la Troade, où elle a son tombeau dans le bois sacré d'Apollon Sminthée et on y lit sur un cippe (ezI on^Xr^ç) l'inscription suivante en vers élégiaques :

« Je suis cette Sibylle, interprète véridique de Phébus, ensevelie sous cette pierre : jadis vierge éloquente, maintenant muette à jamais, la Parque inflexible m'enchaîne ici. Mais, par la faveur de Phébus, le dieu que j'ai jadis servi, je repose dans le voisinage des nymphes et de cet Hermès. « 11 y a eiïectivemcnt, près de son tombeau, un Hermès en marbre de forme carrée, et à sa gauche, de Teau qui se rend dans une fontaine et des stalues de nymphes. Mais les Erythréens qui, de tous les Grecs, revendiquent Hérophile avec le plus de chaleur, montrent sur le mont Corycos (à Erythrée) une grotte où ils disent qu'elle est née; elle était, suivant eux, fille de Théodore, berger du pays, et d'une nymphe surnommée Idaia, parce que, dit- on, on appelait alors Ida tous les endroits touiïus. Les Erythréens retranchent de ses prédictions les vers où il est question de Marpessos et du fleuve Aïdoneus. »

Fn résumé, Pausanias vit à Delphes la pierre sur laquelle avait prophétisé la Sibylle Hérophile. H nous expose à ce propos deux traditions, fondées sur des vers qui couraient sous le nom de la Sibylle d'Erythrée. D'après Tune d'elles, soutenue par les habitants d'Alexandrie en Troado, la patrie de la Sybille dite Érythréenne, que les anciens ont longtemps considérée comme la seule, était une bourgade du nom de Marpessos où la terre était rouge (èpjOprJ. D'après l'autre, qui, au dire de Laclance copiant Varron\ avait été développée par un écrivain d'Erythrée nommé Apollodore, c'est la ville d'Krythrée qui avait donné naissance à Hérophile. Chaque tradition s'appuyait aussi sur des monuments locaux.

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