‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 164 sur 345 · LE SANCTUAIRE DE LA SIBYLLE DÉRYTHIIÉE · texte numérisé non relu

LE SANCTUAIRE DE LA SIBYLLE DÉRYTHIIÉE

A Alexandrie, dans Tenceinte du temple d'Apollon, on montrait la tombe d'Hérophile. ensevelie dans un tiymphaeum^ auprès de statues de nymphes et d'un Hermès. L'inscription ]ilaeée sur sa tombe, que nous a conservée Pausaiiias, ne présente pas do traces d'une haute antiquité; en particulier, toute forme dialectale y fait défaut. De leur côté, les Érythréens faisaient voir dans le mont Corycos, qui domine Erythrée, une grotte où ils disaient qu'Hérophile était née. Pausanias ne nous dit point qu'on y prétendît aussi posséder le tombeau de la Sibylle; mais ce renseignement nous est fourni par un chronographe byzantin, Tauteur de la Chronique pascale^ : « La Sibylle d'Erythrée, écrit-il, était originaire de cette dernière ville, vis-à-vis de Chios; elle composa des poèmes et sa stèle funéraire (aTfi>.r^ existe encore dans la ville d'Erythrée, sur la côte vis à-vis de Chios». Ainsi, comme Alexandrie de Troade, Erythrée se vantait non seulement d'avoir vu naître la Sibylle, mais de conserver sa dépouille mortelle.

Dans les admirables Excursus qui font suite à son édition des Oracles sibyllins^ Charles Alexandre a longuement discuté les prétentions rivales des deux villes et s'est décidé en faveur de Marpessos. Nous n'examinerons pas ses arguments; si nous avons rappelé cette controverse, c'est seulement pour faciliter Tinlelligence d'un texte épigraphique d'une haute importance qui a été découvert à Erythrée. Ce texte est une épigramme en vers qui présente plusieurs analogies avec celle qui était gravée sur la prétendue tombe d'Hérophile près d'Alexandrie en Troade: comme cette dernière, elle date de l'époque romaine, mais elle parait encore moins ancienne. Copiée par M. Sotiropoulos^ elle m'a été transmise par M. Contoléon, de Smyrne, avec quelques renseignements sur les circonstances de la découverte*.

i. Chron, Pasc.^ t. I, p. 202.

2. L'ioscriptiou a été imprimée au mois de Juillet 1891 par M. FoDtrier, (Uds r*A9u,ov:x de Smyrue. Je u'ai pas eu cette publicatioo eutrc les maint. Je n*ai pas tu ooq pl>iA la publicatioo de M. Burescb {Wochenschrifi fUr eloMMuehe Philologie, 16 sept. 1891, p. 1039-47).

Page 1