UN NOUVEAU TEXTE
SUR l'origine du commerce de l'étain*
Une doctrine très répandue, et môme acceptée sans controverse par les historiens modernes^ veut que les Phéniciens aient introduit les premiers, dans la Méditerranée orientale, rétain provenant des îles Cassitérides ; on ajoute qu'ils réussirent, pendant des siècles, à conserver le monopole de ce commerce et n'en furent dépossédés qu'à l'époque romaine par rhabileté de Publius Crassus, qui découvrit à son tour les îles de Tétain et donna les indications nécessaires pour en faciliter Taccès.
Une des conséquences de cette doctrine est de faire remonter à une antiquité très haute les débuts du commerce phénicien dans les mers du nord de l'Europe.
M. d'Arbois de Jubainville intitule un des chapitres de son grand ouvrage : Le commerce phénicien^ XVIP-VI'' siècles* : « L'étain, dit-il, qui est nécessaire à la fabrication du bronze, venait des îles Britanniques, les Cassitérides des anciens, où, seuls parmi les peuples du bassin de la Méditerranée, les Phéniciens pénétraient alors e/ 02/ t/s étaient arrivés les premiers. »
Ailleurs, observant avec raison que la Grèce homérique possédait quelques informations très exactes sur le nord-ouest de l'Europe, M. d'Arbois se persuade que les Grecs ont du ces connaissances aux récits des navigateurs phéniciens, à qui les côtes de la Grande-Bretagne étaient familières, parce qu'ils allaient y chercher Tétain'.
M. Edouard Meyer, décrivant la civilisation mycénienne,