Ibtd., t. II p
MIDAS ëT MIDAGRITUS 323
8*cxprime ainsi : « L'étain fait absolument défaut dans le bassin de la mer Egée el ne peut avoir été importé que par les Phéniciens, qui le tiraient peut-être des mines à l'ouest de la péninsule pyrénéenne; cependant il a pu exister, en Orient, une autre source encore inconnue de Tétain, à laquelle les Égyptiens, par exemple, auront du le métal de leurs bronzes*. » Je me propose de démontrer, dans ce qui suit, à rencontre de la doctrine reçue : \^ que le commerce phénicien de Tétain n'est pas attesté avant Tan 600 ; 2*" que les Phéniciens n'ont jamais eu le monopole de ce commerce ; 3" que les Grecs euxmêmes n'attribuaient pas aux Phéniciens, mais à un autre peuple, les premières relations commerciales avec les îles Cassitérides.
Nous savons par Ézéchiel, vers 580 avant J.-C", que la ville phénicienne de Tyr faisait venir Tétain deTarsl^is, c'està-dire, probablement, du sud de l'Espagne' ; c'est le plus ancien témoignage qui attribue le commerce de Tétain aux Phéniciens. Dans IJomère, bien qu'il soit plusieurs fois question de kassiteros et de marchands phéniciens, rien n'indique que ces derniers aient été des vendeurs de kassiteros. Si le commerce de cette matière avait constitué un monopole entre leurs mains, nous trouverions sans doute, dans l'épopée homérique, quelques traces d'un fait économique aussi important.
Hérodote, vers 450 avant J.-C, nomme une fois les Cassitérides, dont les géographes ioniens, comme Hécatée et Anaximandre, devaient avoir parlé avant lui*. Il déclare, d'ailleurs, qu'il ne sait rien de positif à leur sujet, sinon que rétain employé en Grèce vient de là*. Mais il ne dit rien, à ce propos, des Phéniciens, auxquels il attribue cependant, dans d'autres passages, le rôle d'intermédiaires entre l'Egypte,