‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 172 sur 345 · Hérodote, lll · texte numérisé non relu

Hérodote, lll

324 MÎDAS ET llJilDACRITUS

r Arabie et la Grèce. 11 ne mentionne pas davantage les Phéniciens quand il parle de Tartessos — généralement identifiée à la Tarshis d'Ezéchiel — mais dit que les Phocéens sont les premiers des Grecs qui aient noué des relations commerciales avec ce comptoir*.

Le fait que les Phéniciens, établis dans le sud de lEspagne, trafiquaient d'une part avec le monde grec, de Tautre avec le nord de TEurope, est parfaitement établi et incontestable à partir du vi^ siècle; mais cela n'implique nullement qu*ils eussent le privilège d'introduire l'élain du nord-ouest de TËurope dans le bassin de la Méditerannée.

L'erreur si répandue qui leurattribuoce monopole se fonde sur un passage mal compris de Strabon. Voici la traduction exacte de ce texte» :

« D'abord [zpoxipo^ ixàv c3v) les Phéniciens seuls poursuivaient ce commerce (avec les îles de Tétain), partant de Gadès et cachant à tous le but de leur navigation. 11 arriva que des navires romains suivirent un navire phénicien afin d'apprendre la roule de ces comptoirs ; le patron phénicien s'échoua volontairement et par jalousie sur un bas-fond, entraînant ceux qui le suivaient dans son désastre. Lui-même échappa au naufrage et fut dédommagé par TKtat des marchandises qu'il avait perdues. Cependant, au prix de nombreux essais, les Romains apprirent la route de ces îles. Ce fut Publius Crassus qui y passa le premier, reconnut que le métal se trouvait à une modique profondeur et que les habitants étaient d'humeur pacilique; il donna alors des indications pouvant faciliter à qui voudrait cette navigation, plus longue pourtant que celle de la mer de Bretagne (il s'agit de la traversée de Gadès aux îles Cassitérides, comparée à celle d'un port de la Gaule aux îles Britanniques) ».

Ce passage est bien connu; il a été mille fois cité et commenté. Maison a voulu y trouver ce qui n'y est point. Strabon

1. Hérodote,!, 1G3. Tartessos n'est nullement une colonie phénicienne, mais le siège d'une puissante tribu ibérique (les Turdetani des Romains?). Voir E. Meyer, Gesch. des Aller thums, t. Il, p. 687.

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