Fragm. historié, graec, t. ï, p
3. Contemporain ou un peu plus ancien, la chose n'importe pas ici. Cf. Busolt, Griechische Geschichte, 2« éd., t. I, p. 152. M. de Wilamowitz a prétendu récemment qu'Hellanicos était un peu plus récent qu'Hérodote.
>AS ET HIDACRtTUS
iriens, qu'il appartient de relater les ilécouvertes de litulusie ou de la pensi'if humaine en les rapportant chacune à un lomme ou à un dieu dcsigni^ par quelque tradition semilythique. Ce <jue nous savons d'Hellanieos. de sa préoccupation de la chronologie el des giSn^-alogies, s'accorde à merveille avec le caractère à la fois savant et puéril de cotte littérature. On ne risque donc guère de se tromper en t'iùsant remonter à cet écrivain la paternité de l'assertion dont Pline s'est fait l'écho.
D'autres arguments, dailleurs, nous y autorisent. Ht-Uanïcos avait vécu h la cour des rois de Macédoine, pays d'oii le Phrygien Midas passait pour originaire. ITn des fragments que nous possédons de lui concerne la ville de Midaeton en Fhrygie' ; dans un autre — qui parait d'ailleurs corrompu — il est question du roi Midas' Kntin, si l'on rapproche le texte cit^' de Cassiodore, qui attribue la découverte de la fonte du bronze au roi Ihessalien lonos. d'une assertion concoidante dans la Pharsale. de Lucain *. on sera porté à conclure que les inventions d'Ionos et de Midas ont été relatées par le même écrivain; or, Hellanïcos. auteur d'ouvrages sur la Thessalie et sur diverses provinros de l'Asie Mineure (Lydie, Troade). est le seul historien du v' siècle, en dehors de ceux dont nous possédons h's œuvres, qui ait pu être amené à s'occuper à la fois de Midas et d'Ionos.
Ainsi, voilà un résultat acquis. A l'encontre des modernes qui affirment que les Phéniciens ont été les premiers importateurs de l'étain britannique, nous trouvons un écrivain du \* siècle avant noire ère qui en fait honneur au Phrygien Midas. Midas, roi mythique. personnîRcaiion de lu puissance et de la richesse de la Phrygie, était Macédonien suivant les uns. Asiatique selon les autres; mais, en tous les cas, il nélnit
i. Pragm. hiilaric. graeeorum. t. I, p. *9.
2. Ihid., p. SI. Peul-Hre taut-[l auesi faire remoaler i Rellanitio* l'aiicrtiou que Midni aurait • inveut^ ■ les espions, ùriKOuvrî; (Cobod, t, p. I2i ; ef. Rremmer, op. laud., p. il).
3. Ucain, Fharsile. VI, 402. Cf. WilaiDowili. lUrmea. IS99 (l. XXXIV). p. Ï31.
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pas Phénicien. Non seulement, donc, l'hypothèse de l'origine phénicienne du commerce de Tétain n*est appuyée d'aucun texte antique, mais elle est directement contredite par le plus ancien texte grec dont nous disposions.
A quelle époque se place le iVlidas d'Hellanicos ? Nous croyons qu'il est possible de répondre avec quelque exactitude à cette question. Suivant les anciens, Midas était élève d'Orphée ; or, Orphée était plus ancien qu'Homère. Telle était du moins, nous le savons par un fragment venu jusqu'^ nous, la doctrine d'Hellanicos. Il faisait d'Homère un descendant d'Orphée, intercalant, entre ces deux poètes, neuf noms qu'il est inutile de transcrire *. Nous ne savons pas, il est vrai, & quelle date Bellanicos plaçait Homère; mais il le croyait contemporain d'Hésiode et son cousin germain. Si donc nous acceptons, pour ces deux poètes, la date de 750 environ, qui est indiquée par quelques auteurs et diffère de celle qu'a adoptée Hérodote, nous trouvons qu'Orphée a dû naître, dans l'opinion d'Hellanicos, vers 970 avant J.-C, ce qui fait régner son roval élève Midas dans la seconde moitié du x* siècle. Or, un tout autre ordre de considérations, se rattachant indirectement au texte de Pline, noiis conduit à une conclusion chronologique très voisine de celle-là.
La Chronique d'Euï^èbe nous a conservé un fragment du Vile livre de Diodore qui énumère les peuples ayant exercé l'empire de la mer depuis la guerre de Troie jusqu'à l'invasion de Xe^x^s^ Ces peuples sont au nombre de 17 : Lydiens ou Méones, Pélasgcs, Thraces, Rhodiens, Phrygiens, Cypriotes, Phéniciens, Égyptiens, Milésiens, Cariens, Lesbiens. Pliocéens, Samiens, Lacédémoniens, Naxiens, Érétriens, Eginoles. La durée assignée aux diverses thalassocraties permet d'en fixer approximativement la date. On trouve ainsi que la thalassocratie rhodienne dure de 91 6 à 903, après quoi