‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 180 sur 345 · S. Reiaach, Chroniques (VOrient^ t. II, p · texte numérisé non relu

S. Reiaach, Chroniques (VOrient^ t. II, p

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sente avec les mêmes caractères*, qui sont encore, vingtdeux siècles plus tard, ceux de la thalassocratie normande: des pirates heureux deviennent sédentaires et, tout en restant quelque peu pirates, se font commerçants et navigateurs au long cours.

Kn 1892, j'ai essayé de prouver que les noms grec, sanscrit et arabe de l'étain étaient d'origine celtique, et que les îles de l'étain devaient avoir été connues des Grecs à Tépoque d'Homère sous leur nom cellique de Cassiterides*. Je crois bien y avoir réussi. Mais, à cette époque, je partageais les illusions de tous les archéologues sur le prétendu monopole du commerce de l'étain qui aurait été exercé, dès l'aurore de l'âge du bronze, par les Phéniciens. Je pense maintenant avoir démontré que, de l'aveu des anciens eux-mêmes, le commerce maritime de l'étain n'a été entre les mains des Phéniciens qu'à une époque assez tardive, alors que les premiers navigateurs qui introduisirent dans la Méditerranée l'étain des Cassitérides étaient, sinon des Grecs, du moins des Barbares venus d'Europe. Mais ces Barbares n'ont cherché et trouvé la route maritime de l'étain que parce qu'ils connaissaient la valeur de ce métal el possédaient des notions assez précises sur les contrées d'où il provenait. Nous entrevoyons ainsi, longtemps avant l'an 1000, l'existence d'un commerce presque exclusivement terrestre, entre les îles Britanniques, d'une part, la Thrace et la Macédoine, de l'autre. Les relations entre la presqu'île Britannique, l'Asie antérieure et rKurope hyperboréenne, déjà attestées par rarchéologie. par ce que nous savons de la diiïusion de l'étain, de l'ambre, des ornements en spirales, des types mêmes des armes et outils de bronze, se trouvent ainsi éclairées, pour la première fois, comme d'un filet de lumière historique. Et l'on ne peut plus s'étonner que la Grèce homérique, vers Tan 800, ait connu non seulement le nom celtique des Cassitérides, mais le phénomène des courtes

\. Cf. Ramsay, Journal of Uellenic StudieSy t. IX, p. 365, qui fixe avec raison au X* siècle riuvasioQ des Bryges ea Phrygie ; M. Kôrte a proposé, sans raolifs valables, une date bien aniérieure {Athen.Mittheil.^ 1897, p. 25).

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