S. Reinach, V Anthropologie, 1892, p
MIDAS ET MlDAGRltUS 331
nuits du nord delà Bretagne^ puisqu'une tradition dont nous avons pu recueillir les vestiges fait remonter d'au moins un siècle la découverte du nord-ouest de l'Europe par des navires partis des ports de la mer Egée*.
1. Il est boQ de rappeler ce texte capital : « En ces lieux (le payé des LestrygoDs), QD pâtre, qui ne dormirait point, gagnerait double salaire, l'un à garder les bœufs, Tautre à paftre les blancs moutons; car les voies dn jour et de la nuit se touchent » (Odyssée, X, 83 ; trad. Pessouneaux, p. 164) M. Bérard, qui place les Lestrygoos en Sardaigne et qui a été suivi en cela par M. Camille Julliau, néglige d'expliquer ces vers homériques, qui, À mon avis, ruinent son hypothèse.
2. Piquantes vicissitudes des choses humaines l De uos jours, des Anglaii, Leake, Hamiltoo, Ramsay, ont découvert a nouveau la Phrygie. Us lui devaient bien cela, puisque, si nos conclusions sont exactes, ce sont des Phrygiens qui, vingt-sept siècles plus tôt, avaient découvert TÀDgleterre.
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De Tanthropolde & rhomme
Dès le début de l'époque quaternaire, Vhomo sapiens se révèle à la science par les produits de son industrie. Un être intelligent employait-il déjà le silex à Tépoque tertiaire? On Ta cent fois affirmé, sans en apporter la preuve. Existait-il, à Tépoque tertiaire, un homo sapienst Cela est, a priori^ tout à fait invraisemblable, parce que la faune mammalogique tertiaire a complètement disparu. En vain objecterait- on, avec Quatrefages, que Thomme, par cela seul qu'il était sapiens^ a pu survivre aux révolutions climatériques et autres qui ont marqué le passage des temps tertiaires aux temps actuels; c*est là, en vérité, sous une forme scientifique, la thèse de Tarche de Noé. L'homme tertiaire, s'il avait existé, aurait partagé la destinée de la faune concomitante; rien ne permet de lui attribuer un privilège de survie.
Il n'est pas moins certain que les temps tertiaires ont dû voir des précurseurs de l'homme, c'est-à-dire plusieurs espèces d'anthropoïdes aujourd'hui disparues qui sont les ancêtres physiques de Vhomo sapiens. Nous connaissons le crâne et quelques autres éléments squelettiques d'un de ces précurseurs : c'est le célèbre pithécanthrope découvert à Trinil (Java) par le docteur hollandais Dubois. Le crâne de Trinil. devenu classique, est intermédiaire par son profil, comme par sa capacité, entre les crânes des singes actuels les plus développés et les crânes humains des types les plus inférieurs (Spy, Neanderthal). Une simple superposition des contours de ces crânes suflit à le démontrer.
De ce que les couches tertiaires supérieures n'ont encore fourni que le crâne anthropoïde de Java, il serait téméraire de conclure, comme on l'a fait, que la patrie des précurseurs de