I. et. nobdc, Ptyche, p
i. Voir plu( b«ul, p. 341, Dote 3.
350 L'IDÉE DU PÉCHÉ OtilCINËL
jusque dans le palais des Césars à Rome, les supersitions qu'ils méprisaient*.
Il n'est pas encore prouvé, mais il est extrêmement vraisemblable que la Babylonie, la Syrie, la Phénicie connurent très anciennement un groupe de contes populaires relatifs à la création du monde, à la désobéissance du premier homme et au déluge. Pour la création et le déluge, la certitude est absolue, depuis qu'on a déchiffré des récits de ces événements sur des tablettes cunéiformes* ; le texte assyrien du récit de la manque chute encore, mais il est probable qu'on ne tardera pas à la découvrir. Toutefois, dans l'état actuel de nos connaissances, le texte biblique du troisième chapitre de la Genèse est le seul dont nous puissions faire état. Ce document, par les éléments qu'il met en œuvre, remonte à une haute antiquité. Il y est question d'un dieu qui se promène pour prendre le frais, de deux arbres magiques, d'un serpent qui parle; ce sont là comme des fossiles qui attestent le caractère primitif du terrain où ils se sont pétrifiés. Mais, avant de l'étudier en détail, il faut présenter une observation essentielle. Tout le monde sait ou devrait savoir aujourd'hui que les chapitres de la Genèse où il est question de l'humanité avant le déluge se composent de deux textes non pas fondus, mais comme entrelacés, caractérisés par l'emploi de deux vocables différents pour désigner rÉternel. On a pu isoler chacun de ces textes et obtenir ainsi deux récits qui se suivent sans lacune et qui ne sont pas d'accord*. Suivant le premier, dit é/ohiste, parce que Dieu y est appelé du nom pluriel Elohim, rÉternel crée l'homme et la femme, comme les autres animaux mâles et femelles, et leur enjoint de croître et de multiplier; aucune mention de la création séparée d'Eve, du jardin d'Éden, de la désobéissance du premier