‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 190 sur 345 · Voir plai baul, I. II. p. :i · texte numérisé non relu

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Il est donc évident qu'on dépasse la portée du texte lorsqu'on affirme que, d'après la Genèse, la faute d'Adam aurait introduit la mort dans le monde, comme lorsqu'on dit que Dieu avait créé l'homme pour ne pas mourir. Ces idées pouvaient être facilement extraites du troisième chapitre de la Genèse, mais on n'a pu les en tirer qu'en le lisant dans un esprit très différent de celui du rédacteur, en oubliant, notamment, ou en laissant dans l'ombre la menace de mort immédiate et le sentiment de jalousie si naïvement prêté à l'Éternel.

Nous ignorons et nous ignorerons sans doute toujours quand l'histoire de la chute a été mise par écrit; mais toute l'Écriture Sainte est là pour prouver qu'elle n'a guère été prise au sérieux, du moins jusqu'au ii^ siècle avant J. C. Ni les chroniqueurs bibliques, ni les Prophètes, ni les Psalmistes n'y font la moindre allusion. Les quelques lignes où l'on a cru en trouver la trace disent tout autre chose et ne méritent même pas d'être discutées*. Chez les auteurs des Psaumes, où l'idée du péché est si fortement sentie et exprimée, on s'attendrait à trouver non pas une, mais cent allusions au péché originel, à la faute de l'ancêtre de tous les hommes ; or, on ne voit rien de la sorte et, en général, les noms d'Adam et d'Eve ne sont Jamais prononcés dans les anciens livres bibliques qui font suite à la Genèse. Conclure do là que le récit jahvéiste est une composition tardive serait, je crois, se tromper lourdement, car les caractères en sont incontestablement très archaïques. Comparé aux Prophéties et aux Psaumes, ce récit n'est pas de la littérature postérieure, mais inférieure. On le connaissait à l'étal de conte populaire, d'explication plus ou moins édifiante de certaines difficultés; on ne lui attribuait pas d'autorité religieuse. C'est assez dire qu'à l'époque des prophètes et des auteurs des Psaumes, les cinq livres dits de Moïse ne devaient pas exister dans l'état où la tradition nous les a transmis et avec le caractère sacré qu'ils ont revêtu. Il n'en fut plus de même quand l'ensemble des écrits bibli-

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