Sa^ienee, ii, i3-S
A Micbel
rimmorlalîté primitive accordée à Thomme). Mais par l'envie du Diable la mort est entrée dans le monde, etc. ». L'auteur de ces lignes remarquables écrit « le Diable » et non « le serpent », bien qu'aucun texte de la Bible ne l'autorise à cette substitution et bien qu'il soit évident, dans la Genèse, que le serpent est un serpent, pas autre chose ; mais un savant juif d'Alexandrie ne voulait plus voir dans le serpent d'Éden que l'Esprit du mal, analogue au mauvais principe, à l'Ahriman de la religion des Perses. Au i®' siècle avant l'ère chrétienne, le livre d'Enoch, faisant allusion au même conte, remplace le serpent par l'ange Gabriel ; c'est lui qui aurait séduit notre mère Eve*. Ces textes, dont on pourrait rapprocher, comme l'a fait M. Israël Lévi dans un travail récent, d'autres passages d'écrivains juifs un peu antérieurs à l'ère chrétienne, tels que le IV® livre d'Esdras', ne laissent aucun doute sur le grand travail d'exégèse qui se poursuivait dans les écoles juives à l'époque alexandrine. Le récit de la chute était considéré dès lors comme faisant partie de l'enseignement divin sur les débuts de l'humanité, mais on ne le prenait plus à la lettre et l'on tendait à lui attribuer une portée philosophique, à y reconnaître l'explication, voilée sous l'allégGrie, des origines de la souffrance et de la mort.
On s'étonne que l'histoire de la chute de l'homme soit profondément ignorée de nos Évangiles, que pas une parole prêtée à Jésus ne mentionne Adam et Eve, ni leur désobéissance au Seigneur, ni leur châtiment. C'est tout au plus si un verset obscur de TÉvangile de saint Jean paraît faire allusion au serpent de X^Geiièse^, Les occasions neman-