‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 20 sur 345 · HOUer-Wiescler, DenknueUr, pi. XVII · texte numérisé non relu

HOUer-Wiescler, DenknueUr, pi. XVII

en s'inclinant sous la veng^eance impériale, affirme qu'il est aussi innocent qu'Acteon. Ce n'est pas son cœur, ce sont ses yeux seuls qui ont péché*.

Très populairesousTEmpire romain, souvent traitéeparrarl de la Renaissance italienne et jusqu'à nos jours, la fable d'Actéon évoque tout d'abord, dans l'imagination des modernes, l'épisode de la déesse surprise au bain. Mais c'est précisément cet épisode qui n'appartient pas au fond primitif de la légende ; la littérature, comme l'art, paraît longtemps l'avoir ignoré. Avant d'accepter cette explication de la colère d'Artémis, les poètes et les mythographes en avaient allégué bien d'autres* : Actéon s'était vanté d'être plus habile chasseur qu'elle*; il avait osé lui déclarer son amour* ; il avait ollensé non pas Artémis, mais Zeus, en prétendant à l'hymen de Sémélé\

Fig. 3. — Le châtiment d'Actéon*.

Vinel a souteuu que ce dernier témoignage, qui remonte à Stésichore, était altéré et qu'il fallait lire Séléné au lieu de Sémélé. Conjecture singulièrement malheureuse; car, d'abord, les affaires de Sémélé regardaient bien Zeus, alors que celles de Séléné ne le concernaient en rien; puis, si les manuels de mythologie, condamnés au syncrétisme, identifient Séléné, la déesse lunaire, à Artémis, c'est là une confusion qu on ne trouverait jamais dans une tradition hellénique de bon aloi.

En dehors des motifs du supplice d'Actéon que nous ont

Page 1