Pausanias, IX, 2, 3 (d'après Stésichore
6. Vase à ùg. rouges da Musée BritHnoique. Actéon attaqué par ses chieos ■ous les yeux d'Artémis (S. Reioach, Rép, des vases, t. Il, p. 214, 3).
conservés les textes littéraires, il y en avait, je crois, un autre dont ils ne parlent pas, mais qui est clairement attesté par une peinture de vase. Cette peinture décore un grand cratère de Ruvo, appartenant à la Raccoltà Santanf/elo au Musée de Naples (Kg. 9)*. On y voit Actéon, déjà pourvu de cornes de cerf, au moment où il va percer de son épieu une biche qu'il a saisie par la naissance de ses grands bois; à droite, Artémis assise se prépare à décocher une tleche; à gauche sont Pan et Hermès. Vinet voulait rapporter cette scène à un texte de Diodore, suivant lequel Actéon aurait cherché à séduire Artémis en lui olTrant le produit do sa chasse, dette explication est manifestement absurde, car Actéon n'offre pas la biche à la déesse et si celle-ci fait mine de lancer une tlèche, c'est sans doute qu'Actéon va être puni par elle de son imprudence sacrilège, pour avoir tué une biche consacrée à Artémis. Cette biche n'est pas, en effet, nn animal ordinaire; comme la biche de Télèphe, comme les biches aux bois dorés des bords de l'Anauros dont parle Callimaque*. elle est pourvue de bois d'une taille gigantesque. C'est une biche divine ou, tout au moins, un gibier de choix, réservé à la déesse. 11 existait donc une autre tradition suivant laquelle Actéon s'était attiré le courroux d'Arlémis en tuant îi la chasse une biche consacrée; dans cette version, limprudent était puni par Artémis et non par ses chiens'.
De cette variété de motifs mis en avant par les mythographes et les poètes, il est, dès Tabord, permis de conclure que la légende, sous sa forme la plus ancienne, rapportait le supplice du chasseur, mais n'en indiquait pas la raison. En général, les légendes de ce genre disaient le Comment, mais non le Pourquoi ; cette dernière question ne s'est posée que plus tard et a exercé l'ingéniosité desexégètes, dont la fantaisie s'est donné libre cours même aux dépens de la vraisemblance et du bon sons. On constate la même absence de
!. Revue archéo logique, 1848, p. 100; Élite, t. H, pi. 103 A.