II. Hép, Morb, p
bassins*. Il serait peu utile d accumuler les faits de ce genre : nous nous contentons de signaler les plus significatifs.
A défaut d'un trou, il s'agit de passer sous le ventre d'un animal* ou dans Tespace étroit compris entre une pierre sacrée et le sol. Ainsi Ton se glisse sous un dolmen à Ymare Seine-Inférieure) pour guérir du mal do reins% sous le dolmen de Cressac (Creuse) pour avoir des enfants*.
Ces pratiques se sont étendues au christianisme. A Ardenne, en Belgique, les malades se traînent au-dessous de la dalle tombale de sainte Begge pour obtenir la guérison de la colique^ A Modène, les personnes qui souffrent des jambes se glissent sous le tombeau de san Gimignano*. Dans le Finistère, on voit des pèlerins ramper sous des tables de pierre qui portent des reliques', ou passer à plat ventre sous la tombe de saint Gurlocs à QuimperléV Les vertus curatives attribuées à certaines niches dérivent de la même idée. Dans léglise de Saint-Maurice, à Chartres, avant la Révolutien. on faisait passer les enfants sous une châsse pour faciliter leur dentition'; ailleurs, on les lait seulement passer sous une étole'^ Même en pays musulman, au Caire, on a signalé une mosquée où les mahométans pieux essaient de se glisser à travers l'espace étroit qui sépare deux colonnes**. L'extraordinaire dillusion de ces pratiques prouve qu'elles tirent leur origine d'une idée générale : il s'agit de faire émigrer la contagion ou le mauvais esprit du corps vivant et souffrant dans un corps inerte dont la sainteté supérieure puisse « absorber » le mal et le reteni^*^