‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 28 sur 345 · I. Cuims, Mylliti el Hrliaioni, t 1, p. hi · texte numérisé non relu

I. Cuims, Mylliti el Hrliaioni, t 1, p. hi

S. Stephaul, Compte rendu pour 1B6S, p. 17-10 ; Journal of htlltnit Sludiei, t. XIV (189«), p. ISi; Bull, de Correipondanet Mleniqut, L XV (1S9I), p. 3.

mis, Iphigénie, est transformée en biche par la déesse et Pausanias nous parle d'une statue d'Artémis vêtue de la dépouille d'un cerf*.

Ceux auxquels est surtout familière Tirnage classique d'Artémis chasseresse, accompagnée d'un ou de plusieurs chiens « se demanderont si le chien ou la chienne ne seraient pas, au môme titre que Tourse et la biche, une des composantes zôomorphiques de TArtémis grecque. On admettrait alors volontiers qu'Artémis et les nymphes, dans le mythe d'Actéon, représentent autant de chiennes acharnées contre un cerf et que l'évolution de la légende n'a fait que juxtaposer à ranimai chassé la divinité chasseresse qui en est issue. J'indique cette voie, mais pour dissuader qu'on s'y engage. Artémis est souvent figurée comme chasseresse dans la littérature et dans lart; mais, dans le culte, cet aspect de sa personnalité divine est très peu développé', car Artémis est essentiellement une divinité de la végétation et de la vie animale, non de la destruction ou de la mort. Le chien est étroitement associé au culte d'Hécate, puisqu'on immolait des chiens à Hécate ; mais Hécate n'a été confondue avec Artémis qu'à une époque d'érudition et de syncrétisme; ce sont des divinités tout à fait distinctes*. Nulle part on ne sacrifie de chiens à Artémis, alors qu'on lui sacrifie le cerf, le sanglier, le bouc et la chèvre*. J'en conclus qu'on peut admettre, pour une époque très ancienne, une Artémis-biche, une Artémis-

1. Pausanias, Vllf, 37, 4. — La peau de cerf joue uu certain rôle dans la légende d'Actéon. Dès le v" siècle, pour ne pas admettre la métamorphose, les rationalistes disaient qu'Artémis avait jeté sur Actéon une peau de cerf. Dans la Nekyia de Polyguote, Actéoo était assis sur une peau de cerf (cf. Wentzel, art. Aklaton, dans Pauly-Wissowa, p. 4207).

2. Schreiber, art. Artémis dans le Lexicon de Roscher, p. 582.

3. 11 importe peu que Phérécyde (fragm. 32, Sturz) fasse d'Hécate la sœur d'Actéon, ni que Stace (Theb., Vil, 273) appelle « gouffre d'Hécate », la foataine de Gargaphie. Ces rapprochements sont dns au syncrétisme ; LenormaDt et J. de Witte, qui leur attribuent à tort de la valeur, ajoutent que les noms d'Actéon et d'Hécate présentent a une exacte ressemblance ■ {Èlite^ t. II, p. 327) — ce qui est manifestement absurde. Dans le même article, d'ailleurs, ils rattachent le nom d'Actéon au grec àxTiQ, signifiant u rivage v et encore au môme mot pris dans le sens de « farine ». On n'y comprend rien.

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