‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 293 sur 345 · Ra, 1880*, p · texte numérisé non relu

Ra, 1880*, p

trop sur quoi so fondait Coquebert de Montbret pour assimiler la plus ancienne relijjion celtique au sabéisme. Mais j'ai tenu à rappeler que Tidée de la multiplicité des religions dites celtiques s'est déjà présentée à d'autres esprits comme la conséquence des quelques données positives dont nous disposons.

Les documents épigraphiques de l'époque gallo-romaine nous font connaître deux mythologies : Tune, conforme à celle dont parle César, que laisse entrevoir Lucain. caractérisée par un panthéon de grands dieux; l'autre, dont la nomenclature déjà longue s'accroît incessamment par des découvertes épigraphiques, caratérisée par un nombre presque infini de petites divinités d'un caractère vague, que des épithètes locales viennent seules distinguer*. Le catalogue des maires et matronae dressé en dernier lieu par M. Max Ihm comprend à lui seul plus de cent noms*.

Entre ces deux mythologies, il y a certainement une différence de date, sinon d'origine, car la première, aux allures demi savantes, oITre une hiérarchie, une famille de dieux, tandis que la seconde est un polydémonisme ^ pour nous servir d'une expression qui a été proposée par M. A. Milchhoefer pour désigner la mythologie anonyme des Pélasges orientaux*.

Or, ce qui a survécu dans nos campagnes, ce dont on trouve des traces si nombreuses et si vivantes à l'entour des pierres sacrées et des fontaines, c'est le polydémonisme seul, la croyance aux génies locaux, démons, lutins, fées, géants et nains, sans traits définis, sans légende distinctive, sans connexion généalogique : ce n'est donc pas une mythologie savante qui a persisté on Gaule, mais un polythéisme antérieur à la constitution du panthéon celtique ou du moins un rudiment de panthéon dont parle César.

Il s'est passé quelque chose d'analogue dans l'Afrique du nord. Là aussi, à l'époque de la conquête romaine, il y avait deux mythologies en présence .'Tune, caractérisée parle polydémonisme, celle des indigènes libyens ou berbères; lautre, ne

1. Unicuique provinciae et civilali suus deus est (Tert. Apol, xxiv).

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