‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 295 sur 345 · Bsa. 1892, p. 41; cf. Ra. 1893*, p · texte numérisé non relu

Bsa. 1892, p. 41; cf. Ra. 1893*, p

Terminologie régionale et scientiûque des monuments mégalithiques '

La terminologie en usage pour désigner les monuments mégalithiques, et d'autres qu'on en a longtemps rapprochés à tort, n'est pas encore fixée d*une manière définitive : cela s'explique par le fait qu'elle est d'origine assez récente et plutôt savante que populaire. Nous allons passer en revue, dans cet essai, les désignations le plus souvent usitées par les archéologues*, après avoir étudié, dans le mémoire précédent, celles qui sont proprement populaires et les légendes dont ces désignations offrent parfois commo le racourci.

Ces heureuses expressions ont remplacé celles de monuments celtiques ou druidiques, qui furent presque universellement adoptées jusque vers 1863*; on en attribue l'invention à René Galles*. Elles ont cependant été critiquées, comme à la fois trop restreintes et trop générales, par Worsaac, Maury,

1. \l\tvue archéologique, 1893, II, p. 34-48. J'ai retravaillé cet article.]

2. Il n'y a rien à tirer de l'absurde « vocabulaire étymologique des différeuls noms des monuments celtiques », insôré dans l'ouvrage de Cambry, p. 290-318. On y trouve des ternies comme Balieia, Baitylos^ CeUae et même Columna I

3. M. Carlailhac disait par erreur en i881, au Congrès d'Alger, que « nous avons tous abandonné les termes de dolmens, cromlec'js, cairus, etc. » [Assoc. française^ 1881, p. 136). A quoi Henri Martin répondit justement que cet abandon (dont il n'a jamais été question) n'aurait d'autres conséquences que de jeter la confusion daus l'archéologie {ibid,),

4. « C'est au Congrès international d'autliroiiologie et d'archéologie préhistoriques à Paris eu 1867 que le terme de monument mégalithique^ déjà en usage au sein de la Société polymathique du Morbinan, fut déGniUvemeot adopté >». (Carlailhac, France préhist, p. 177.)

Schucrmans et d'autres*. L'observation de M. Schuermans', suivant lequel il faudrait dire mégalolithique^ accuse une connaissance insuffisante de la langue grecque, ou Ton trouve des doublets comme {jLeYa6j{jLOî={jL£Y*Xd0j{jLo;, \).v'^ilz^z^=^\).i^x' AsSo^o;. Les désignations générales de a monuments en pierres brutes » [rude stone monuments de Fergusson) et de « monuments de pierre vierge' » n^ont pas prévalu. Fergussona trèsjustement opposé, dans l'histoire de l'architecture, le style mégalithique au style microlithique, le premier cherchant à rendre sensible la force employée pour remuer les matériaux, le second tendant à donner 1 impression de la force moins par les matériaux isolés que par leur combinaison \ Cette considération milite en faveur de Texprcssion de monuments mégalithiques, qui paraît, du reste, avoir définitivement passé dans Tusage, à côté de celle de cryptes mégalithiques^ appliquée plus parliculiërement aux allées couvertes et aux dolmens'.

IL — Ancienneté de la terminologie usuelle.

Le plus ancien exemple que Ton ait relevé du mot cromlech est dans une traduction de la Bible en gallois^ faite par l'évéque Morgan (1588)*, où l'expression « les cavernes des rochers » [Isaïe^ n, 21) est rendue par cromlechydd y creigiau. Le mot cromlech apparaît déjà, comme second terme d'un nom de lieu comique, dans une charte de943\ Au sens archéologique, il se trouve d*abord dans une description d'antiquités par le Rév. John Griffith of Llanddyfuan (1650), où des « cells of stone » sont appc]és cromlechaw. Dans la. Britannia de Caniden (é(h't. de 1759, citée par M. Schuermans), on rencontre les termes w^inen-gwyr^ maen-gwyr^ croml Ihech, histvaen, comme étant les noms donnés par le peupledu paysde Galles aux monuments en

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