Lucien, Dt dia Syria, 51 ; Mnaïcai ap. Alhen., Vlll
I. S. Relnacb, Traité d'épigraphie grrcgue, p. B3. B. Diodor-. V. 3.
i. Cf. Achelis, Dti ^'/mM itr Fischa, p. 6.
sépia sont extrêmement fréquentes dans Tart mycénien et, à une époque où il ne peut être question de Tart pour Tari, attestent la signification religieuse de ces poissons. Les Grecs d'Homère s'abstiennent de manger du poisson et l'expression de poisson sacré, Upo; tx^uç, se rencontre à titre de survivance dans riliade (XVI, 407). Les Égyptiens considéraient comme sacré Toxyrhynque, qui a donné son nom à un nome, l'anguille et le lepidotos. Hygin atteste, avec quelque exagération, que les Syriens regardaient tous les poissons comme sacrés et s*abstenaient d'en manger*; nous savons aussi par Xénophon que les poissons de la rivière Chalus. près d'Alep, étaient considérés comme divins". Aujourd'hui encore, en Syrie, on entretient des poissons sacrés, en particulier dans des étangs qui dépendent des mosquées d*Edesse et de Tripoli'. Enfin, dans la Bible même, l'histoire de Jonas et celle de Tobie impliquent nettement la croyance à des poissons sacrés, ministres des desseins de rÉternel.
Nous avons vu qu'à Iliéropolis le prêtre seul pouvait manger des poissons sacrés et qu*en Assyrie le prêtre se revêlait parfoisde la dépouille d'un poisson. Ce ne sont là que des traits épars, mais dont la coïncidence avec les faits relatés plus haut permet de conclure à un culte du poisson où le (idèle, habillé en poisson et qualifié de poisson, mangeait le poisson en cérémonie. Or, ce vieux culte asiatique, auquel nous sommes conduits par une hypothèse, nous apparaît comme une réalité historique indiscutable au second siècle de TEglise chrétienne.
Ce que nous avons dit permet dès l'abord décarter une théorie moderne, qui n'est d'ailleurs alléguée par aucun Père de l'Église, suivant laquelle le culte du poisson, dans la primitive Éfilise, s'expliquerait par le célèbre acrostiche 1X0 VS ('lr^zzJ^ Xp'7To; Bccj ulhq <7(t)Tr,p). Cet acrostiche, comme Ta prouvé M. Mowat, a été imaginé à Alexandrie, sous Tin- (luence des monnaies de Domitien frappées dans cette ville,