‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 318 sur 345 · Renan, Saint Faul, p · texte numérisé non relu

Renan, Saint Faul, p

6. Itenan, Saint Paut^ p. 71 et la doIc. 1. Paul, I Cor., X, 25.

r.A commusautR niivE de lyon m

rassé et dont k's difOcultés de détail ne sont pas toules résolues'. Ainsi, suivant snint Paul, le clirétien peut manger des viandes sacrifii^es, ii lîi condition d'en ignorer l'origine; quant à l'Inf^estion du sang et à celle do la chair d'animaux crevés, il est singulier (jne l'apôtre n'en ait fait aucune mention, ni dans ce passage de l'KpJtre aux Corinthiens, ni ailleurs. Quoi qu'il en soit, la doctrine de Paul ne fut pas tout de suite admise par les chriHicnN. Dans l'Apocalypse, écrite en 93, condamnation formelle est portée contre ceux qui mangent (sciemment ou non) des viandes immolées aux idoles*. La défense de manger de la viande de l'autel était si sévère que les fonctionnaires romains, en 230 encore, mettaient ii l'épreuve, en leur commandant d'en manger, ceux qui étaient suspects de christianisme". L'interdiction persista jusque dans le christianisme médiéval, partout où païens et chrétiens se trouvaient en contact'; il est vrai qu'il s'agit toujours du cas prévu par saint Paul, celui de l'homme qui munge de la viande de l'autel auprès de l'autel lui-mt^me ('.epsOjTcv, iîîoXieuT:-/).

Parmi les chrétiens de la petite communauté lyonnaise, il y en avait un, nommé Alcibiade, qui ne vivait quede pain et d'eau'; comme il observait la même abstinence dans sa prison, un chrétien influent, Attale de Pergame. lui conseilla de ne pas refuser de manger les aliments créés par Dieu ; dès lors, il consentit à manger de la viande. Ce fait implique que le cas d'Alcibîade était exceptionnel et que les chrétiens lyonnais mangeaient généralement de la viande. Mais où l'auraient-ils achcléc, s'ils voulaient rester purs, sinon dans la boucherie juive de Lyon?

On répondra peut-iître que ces chrétiens mangeaient de la viande sans se préoccuper de son origine ou du mode d'abat- \l Paul, 1. 1, p. !n et ReDsi), ubi luprù.

Page 1