‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 35 sur 345 · Le génitif d*uu participe eo -tov serait eu -ovto · texte numérisé non relu

Le génitif d*uu participe eo -tov serait eu -ovto

ACTÉOS S3

ip'iiiv.;, îpsÎTiç, ipeîa, Mpuoaia', monlivaga. de mtimo que l'an, {jualilié ailleurs d'àx-raî:;, esl dit ipessivéïio; et montivagus''.

Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, de cette étymologie. l'idée que nous avons essuyé du nous faire du rite d'où est sorti le mythe d'Actéon est îadi-pendanie de la conliance que peut inspirer l'explication de son nom. Comme le rite sauvage remonte à une époque extrêmement ancienne, antérieure à la naissance de l'anthropomorphisme grec, il y a toujours quelque témérité à interpréter le nom du héros par un vocable de la langue grecque classique. L'essentiel, c'est que les données éparses et contradictoires de la fable nous permettent de restituer, avec une ressemblance voisine de la certitude, l'état d'esprit et leu mœurs des ti'mps lointains où les éléments de celte l'able ont pris naissance. Le caractère hypothétique de cette restitution paraîtra sin^ulii^rement atténué si l'on réfléchit qu'elle se fonde, d'une part, sur une ana< lyse rigoureuse des données littéraires et, de l'autre, sur la connaissance de faits religieux analogues, attestés par des témoignages formels, soit à l'état de survivances dans l'antiquité classique elle-même, soit à l'état de réalités presque tangibles chez certaines tribus arriérées de notre temps'.

1. Belireîber, art. ArUmU daus le lexicon de Ruectaer, p. W-i; TbéocJ- Prodr., Cafom , 207; SUee, Achill . I, ihn.

2. ^uuuu■, WVll, Si; NemcaiBuus, III, U. Cf. l'ioterprètalioa du doui d'Oreate • ittr Bergmann •, ap. Wiile. LacotiUictit Kultt, p. 161. Uresta vst uue ■• byposUBe " de Diuu^BOH [ibid., p. 116. 120).

3. J« fal» alluâiou aux uiBicarade» nloïllea et aux • prî«H4 de iium a, u'iguoranL poiul que le type complet du tacrifice lotémique ue bu Irouvu paa, ou ue ae l'ouie gucri', chM le« tribus tot«miile» de uoa joura.

Hippoly te '

Certains philologues modernes, à Texemple de Pott, voient dans le nom d'Hippolyte, 'ItctuoXutoç, une désignation empruntée aux occupations d'un conducteur de char : *Iictc6Xutoç, M celui qui délie les chevaux » , der Rosseausspanner.

Bien qu adoptée par M. de Wilamowitz, cette étymologie est mauvaise, d'autant plus que la fonction de délier ou de dételer les chevaux est la moins importante et la moins noble de celles qui incombent à leur conducteur, lequel s'en décharge volontiers sur ses valets.

Les anciens avaient reconnu la seule explication raisonnable : pour eux, 'IthzôXutoç est celui qui est déchiré ou dépecé par des chevaux, rfis/rûc/MS equis, comme dit Virgile*. 'IttjçoXo- Toç, « déchiré par les chevaux », est un composé tout à fait analogue à vupLçdXrjTCToç, par exemple, qui signifie « saisi » ou « possédé par les nymphes ».

Deux objections pourraient être faites et doivent être écartées dès Tabord.

Le nom d'ilippolytos, dira-t-on, est donné encore à d'autres personnages de la Fable que le fils infortuné de Thésée, entr'aulres à un géant et, sous la forme féminine, Hippolyté, à une Amazone; n'en faut-il pas conclure qu'il tire son origine d'un acte ordinaire de la vie des héros et non d'une catastrophe aussi peu commune que Técartèlement ou le déchirement? Je réponds que le nom d'Hippolytos, dieu de Trézène, remonte à une très haute antiquité, antérieure à toute litté-

î. [Archiv filr Religionswissenschaft^ t. X, p 47-60.J 2. Virg., Aen., VII, 768.

HIPPOLTTE 3»

rature, et ({u'uiio fois enlré dans la circulation, il a pu lître atlrihu^, tant au masculin qu'au réminin, à d'autres personnages mythiques, sans qu'on s'inquiétât d'en démtMer le sens primitif.

Une seconde objection pourrait porter sur la force singulière que l'étymologie des anciens prête à 'f.iv.v dans le composé ■iTnrôXu-oî ; ce verbe, dans la grécité classique, signifie ■I délier » et non pas « mettre en morceaux » , dtstni/tere. Mais, d'abord, si les anciens, meilleurs juges que nous en la matière, ont traduit 'iv.T.6'Kv:ùi;pBir lUsIractus equis, c'est qu'ils sentaient que XJeiv avait pu signifier drstrakfire; en second lieu, l'affaiblissement du sens des mots est un phi^nomènc bien connu de la sémantique et \ùe.:-i a pu signiller primitivement distrahere, comme " gènor », au xvn" siècle encore, signifiait « mettre à la torture » et « abîmer « n précipiter dans l'abîme ». Enfin, lorsqu'on trouve dans Homère l'expression iueiv «Tcp^v, au sens de << dissoudre une assemblée », il est évident que la force du verbe se rapprocbe beaucoup, dans ccHo locution, de l'acception postule par l'étymologie d"lT;vsXuTc;, celle de V disperser ", « mettre en morceau.^ ».

Les philologues se seraient aisément mis d'accord îi ce sujet si la fable d'Mippolyte, telle que nous l'a transmise Euripide, comportait un » déchirement » du héros. Mais Euripide est un po&tc raffiné; il s'adresse à un auditoire délicat; il a certainement atténué, peut-être h. la suite d'autres poî-tes, ce qu'il y avait de rude et de grossi'ïr dans la tradition. L'Bîppolyte d'Euripide, pour retenir ses chevaux furieux, a passé les rênes autour de son corps; le char heurte un obstacle, une roue se brise, Uippolyte tombe à terre, embarrassé dans les guides, et les chevaux le traînent tout sanglant sur les rochers. Blessé h mort, mais sans avoir perdu aucun membre, il peut encore apparaître sur la scène, recevoir les consolations d'.Artémis et pardonner à son père. Donc, dans la tragédie grecque que nous possédons, il n'y a pas, à proprement parler, de déchirement, de î'.ïs^ïT^:;. Dans le récit d'Ovide', le caractère pri-

. Ovkde. Httam., XV, SU nq.

mitif du récit est moins effacé; les membres d'Hippolyte sont emportés en lambeaux, ses entrailles tombent sur le sol :

Viscera viva trahie nervos in stirpe teneri, Membra rapi partira, partim reprensa relingui...

Dans YHippolyte de Sénèque, le corps du héros est véritablement mis en pièces; ses chiens cherchent partout ses membres épars et Thésée lui-même veut les recueillir pour recomposer ce qui reste de son fils :

Maestaeque domini membra vestigant canes,,, Dxsjecla genitor membra laceri corporis In ordinem dispone et errantes loco Restitue partes..,^

En vain alléguerait-on que Sénèque est postérieur à Euripide et qu'il Ta évidemment imité; Sénèque connaissait d'aulres tragédies, d'autres poèmes sur la même catastrophe et le réalisme horrible de sa description n*est pas un simple produit de sa fantaisie. L'Hippolyte de Sénèque est véritablement distractus equis^ conformément à Tétymologie de son nom ; THippolyte d'Euripide est seulement traîné par ses chevaux, raplatus^ parce que le goût attique était venu atténuer la tradition.

Prudence, vers la fin du iv" siècle, connaissait une peinture murale représentant la mort d'Hippolyte*. 11 s'en est inspiré pour décrire le martyre de saint Hippolyte, attaché à des chevaux furieux et mis en pièces dans leur galop effréné, feris dilacerattis equis*, La critique a reconnu depuis longtemps que le supplice de saint Hippolyte n'a rien d'historique et que le nom du saint — on distingue plusieurs martyrs du même nom — en a seul suggéré tous les détails*. Mais, suivant la tradition hagiographique, saint Hippolyte n'a pas seulement

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