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I. Phue, Hûl. Nal., XXXV

72 AETOS PROMETHEUS

Au Vil* siècle, rornementation extérieure d'un temple grec ne pouvait pas plus être livrée à la fantaisie des artistes que celle d'une cathédrale chrétienne au xiii" siècle de notre ère. Du reste, les aigles en argile — à supposer que Ton admette les explications et déductions qui précèdent — ne décoraient pas, à Corinthc, un seul temple; Pindare se sert du pluriel et ses auditeurs ne l'auraient pas compris s'il avait fait allusion à un fait unique, non à un usage. L'innovation consistait dans l'emploi d'une matière durable comme l'argile; mais je croirais difficilement que Butade ou tout autre se fût permis, un beau jour, de placer des aigles d'argile dans les frontons des temples de Corinthe, si Taigle n'avait déjà tenu sa place dans la décoration de ces édifices. Cela se comprendrait seulement si l'aigle, oiseau sacré de Zeus, avait été modelé aux frontons d'un temple de Zeus; mais Pindare ne parle pas d'un temple de Zeus et ce qu'il dit semble bien s'appliquer à plusieurs temples, ou même aux temples corinthiens en général.

Un fait nouveau, dans la question qui nous occupe, a été révélé en 1904, par la publication, due à M. Wiegand, des restes de l'ancien Hécatompédon de Pisistrate sur l'Acropole d'Athènes*. Sur les deux frontons de ce vieux temple, on discerne, à la partie inférieure des montants, les restes assez bien conservés de peintures qui représentent, alternativement, des oiseaux et des fleurs. Ces dernières sont analogues à des fleurs de lotus; les oiseaux sont des aigles sur Tun des frontons, des cigognes sur l'autre. La cigogne, oiseau sacré en Thessalie, où tuer une cigogne passait pour aussi criminel que de tuer un homme*, était aussi très anciennement sacrée sur l'Acropole d'Athènes, témoin le mur dit Pélasgique dont les contemporains d'Aristophane savaient encore qu'il s'était appelé Pélargikon, le mur des cigognes'. Je suis de ceux qui admettent la réalité historique des Pélasges et j'ai donné ailleurs des raisons de croire que leur nom, comme celui des

i. Th. Wiegand, Die archaische Porosarchileklur der Akropolis zu Athen^ Lfiipzig, 1904; cf. Peterseo, Neue Jahrhûcher, 1904, p. 321 et suiv.

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