‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 45 sur 345 · Imhoor-Blumer, Gneeh. ilùnstn, pi. Vllt · texte numérisé non relu

Imhoor-Blumer, Gneeh. ilùnstn, pi. Vllt

5. Cf. Dérard, On'^'ns àti pattes arcadien», p. 76, 89. Les aiglei du Zeaa Lïkaîos [Plus., VIII, 30, 2) peuvent a la rigueur avoir Ht. comme l'a sup-

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bonne heure associé ces deux motifs, alors que les décorateurs grecs les ont figurés alternativement.

En Egypte comme en Grèce, la présence d un aigle, ou des ailes d'un aigle, en haut d'une porto, ne peut s'expliquer comme un simple ornement. Avant les édifices en pierre il y eut paVtout des édifices en bois, produits d'une industrie dont rinfluence est toujours restée sensible dans la tradition de Tarchitecture ; les portes ou les toits de ces édifices, ou de certains de ces édifices en bois, ont dû être décorés de figures d'aigles, et, plus anciennement, d'aigles empaillés, traversés, au milieu du corps, par un pieu et dont les ailes, étendues ou pendantes, étaient fixées à la charpente par des clous.

Aujourd'hui encore^ dans bien des habitations rustiques de l'Europe occidentale, on trouve des oiseaux de proie, aigles, faucons, hiboux, plantés ainsi sur les portes ou au-dessus des linteaux*. Les possesseurs de ces habitations y voient des trophées de chasse; mais quelques-uns y attachent une idée superstitieuse mal définie qui est la survivance atténuée d'une idée religieuse. L'aigle n'est pas seulement, chez un grand nombre de peuples, le roi des oiseaux et loiseau royal; il est, par excellence, l'oiseau divin, c'esl-à-dire, si Ton remonte assez haut le cours des âges, Toiseau-dieu.

Rien qu'à s'en tenir aux textes grecs et latins, dont le dépouillement a été fait par Keller et Thompson, on voit que la mythologie et le folklore de l'antiquité attribuaient à l'aigle toutes les qualités de force, d'intelligence et de bienveillance pour les hommes qui peuvent caractériser un oiseau-dieu.

Les anciens systèmes d'exégèse mythologique, tant dans l'antiquité qu'aux temps modernes, n'ont pas su trouver d'explication satisfaisante pour les animaux qu'on appelle sacrés. Ils les considèrent comme les attributs et les compagnons des

posé M. fiérard, imités de motifs phéniciens; mais Pausanias ne mentionoant pas à ce propos le disque solaire, il vaut mieax admettre une évoluUoD indépendante du motif de l'aigle prophylactique en pays grec.

i. On ne traite pas ainsi les cigognes; mais quand elles établissent leur nid sur un toit, on se garde de les déranger; elles « portent bonheur ». G*e8t bien une antre manière de les y fixer.

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dieux, ce qui, en rëaliLé, est la constalalJon pure et simple d'un fait, mais ne suflit pas à en rcndtE^ coiuple. Lorsque le mythe montre le dieu lui-raCme aous la forme d'un auimal sacré, comme Zeus sous les traits d'un cygne, le Mars latin sous ceux d'un pic-vert, l'exégèse antique a recours à l'hypothèse d'une métamorphose, c'est-à-dire d'une absurdité ajoutée à l'invraisemblance du mythe lui-même. Une seule explication est scientifique : c'est celle qui consiste à regarder les animaux sacrés de la mythologie classique comme les héritiers des animaux-dieux d'une époque antérieure. Une fois le zûomorphisme rejeté dans l'ombre par l'anthropomorphisme hellénique, il était nécessaire que les animaux-dieux, lombes au rang d'animaux sacrés, fussent rattachés par dos liens plus ou moins arbitraires aux différentes divinités anthropomorphes, qu'ils continuassent h subsister à c«Mé d'elles à titre de compagnons et d'attributs, parfois même sans aucun lien apparent dans la tradition. Tel est le cas du cygne amant de Léda, dont la place fut prise par Zeus, alors que le compagnon ordinaire du maître des Dieux n'est pas le cygne, mais l'aigle. Kn général, le dieu qui hérite d'une légende animale ou végétale adopte le végétal ou l'animal dans son cortège, soit à titre d'ami, soit autrement; mais l'animal et le végétal ne disparaissent jamais ciimplètement, parce qu'ils font partie intégrante de la légende sous sa forme la plus ancienne. 11 arri%'e toutefois que la légende animiile ou végétale jouit d'un crédit tel qu'il est impossible de l'anthropomorphiscr intégralement; c'est alors qu'intervient la métamorphose, c'est-à-dire l'hypotiiîisc poétique d'une transformation du dieu-homme en animal ou en plante, alors qu'il s'agit, en réalité, d'une transformation, restée imparfaite, du dieu animal ou végétal en homme.

L'aigle divin qui enlîjve Ganymfede, qui séduit Aegina, Asteria. Aethalia, n'a élé considéré comme Zeus métamorphosé, ou comme le messager et le ministre de Zeus, qu'après te triomphe de l'anlliropomorphisme dans la mythologie. La prouve qu'à l'origiao il s'agissait bien d'un aigle, que l'aigle, comme le cygne et d'autres grands oiseaux, passait pour avoir

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commerce avec los mortelles, c'est que diverses familles royales se réclamaient de l'aigle comme ancêtre. Les mythes de ce genre ont éti^ souvent atténués dans la littérature, comme l'a été, par exemple, celui de Romulus et de Rémus, ou celui du Zeus crétois lui-même : à l'animal père ou mère, on a substitué l'animal protecteur ou nourricier. Mais cotte modification de la légende est si apparente, la retouche, ei l'on peut ainsi parler, reste si visible, qu'il n'est jamais difficile de remonter à la forme primitive du mythe, lequel implique maternité ou paternité animale ou végétale. Des familles royales, descendant d'un aigle divin, se rencontrent, en Babyionie {tiilgamos), en Perse (Achéménès), en Lydie en Pbrygic (Tantale et Gordiosj, en Attique (Périphas), k (Mérops), sans parler des ^yt'i/ii romains'. Il semble que 1' ail raconté une légende analogue sur Ajai (Au;) lils de Télamon' et sur le roi messénien Aristomène", Des traditions de ce genre devaient être beaucoup plus répandues que nos sources littéraires ne l'indiqucnl, car, même à l'époque heltâiiistique, au plein jour de l'bistoire, on parle d'un aigle qui aurait protégé l'enfance de Lagos, père du premier Ptolémée d'Egypte*, des aigles qui présidèrent à la naissance d'Alexandre le Grand', de l'aigle qui se posa sur le bouclier de Pyrrhus partant pour la guerre* ; Plutarque dit expressément que plusieurs rois grecs après Alexandre prirent les noms d'Aetos et A'Hiérax (aigle et faucon) ' et nous savon.s que Pyrrhus se faisait volontiers appeler <4e/os'. Evidemment, Pyrrhus et ces rois, dans la société des Grecs instruits de leur temps, ne

treot.^ tiefl^

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