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prétendaient pas descendre d'aigles ou de faucons; mais les légendes qui associaient ces iinimaux à leurs dcstini^es, qui faisaient d'eux leurs protecteurs et leura guidas, impliquent la croyance populaire à une liliation quasi-divine dont la mythologie offrait de nombreux exemples. Quand on parle des religions antiques, il ne faut jamais oublier dans quelles classes sociales elles ont trouvé des croyants et des ndèles. Pour un général romain et ses officiers supérieurs, sceptiques ou athées, l'aigle de la légion n'était qu'un symbole; mais, pour les sous-officiers et les soldats, c'était un fétiche, un dieu que l'on parait, que l'on arrosait d'huile, que l'on adorait, pour lequel on construisait dans le camp un sacellum^. Sous cette forme militaire, le culte de l'aigle a persisté jusqu'à la fin du paganisme; peut-être dure-1-il encore. Dans la cérémonie romaine de la cotisecratio'', l'aigle qui s'envolait du bûcher symbolisait, aux yeux des lettrés, l'àme de l'empereur; pour la foule, pour l'immense majorité des spectateurs, c'était l'empereur déifié lui-même, c'était l'aigle-dieu remontant vers le soleil.
Un poète do Y Anthologie grecque dit que l'aigle est le seul animal qui habite le ciel (ixsupâvioî)'. En effet, dans la mythologie classique, il est le compagnon assidu de Zeua* et cette association étroite se comprend d'autant mieux que l'aigle au haut vol, paraissant descendre du ciel avec fracas, fut de bonne heure et en divers pays identifié au phénomène céleste le plus redouté, qui est l'éclair*. L'aigle, sur les monuments figurés, tient les foudres de Zeus entre ses serres. Mais comme le corps céleste le plus apparent est le soleil, la pensée populaire établit aussi un lien étroit entre le soleil et l'aigle. La