s. Reioach, Cu/ie^, t. ï, p
AETQS PROMETKEUS
[- tique à l'époque classique et attribut de Zeus, avait été autref fois un dieu dont beaucoup de familles royales prétendaient descendre. D'autre part, les anciens ont identifié l'aigle k la ' foudre et au soleil, c'est à-dire aux deux manifestations les plus apparentes du feu céleste; il y a même lieu do croire qu'une légende grecque faisait de l'aigle le fils du soleil, que, seul de tous les animaux, il peut regarder en Face, parce que les aiglons sont soumis par leurs parents ii une espèce d'ordalie qui a pour objet de vérilier la légitimité de leur liliation. Do même, les Psylles d'Afrique, prétendant descendre des serpents et être invulnérables aux serpents, soumettaient leurs enfants aux morsures de ces reptiles pour s'assurer que c'étaient bien des Psylles. Certaines tribus gauloises l'aisaient quelque chose d'analogue en exposant leurs enfants sur les eaux du Itliin.
Non seulement l'aigle seul peut regarder le soleil en face, mais il est de tous les oiseaux celui qui, volant le plus haut, peut s'en approcher davantage. Aucun texte gréco-romain ne nous dit que l'aigle monte jusqu'au soleil ; mais il est question de cela dans les hymnas védiques. Le sama, liqueur céleste, est apporté du ciel par un oiseau, ordinairement appelé çyena, « aigle II'. « Ce mythe, dit Bergaigne, est parallèle à celui d"Agni (le feu céleste) apporté par Mâtariçvan. et ce parallélisme est même expressément indiqué au vers fi de l'hymne I, 93 à Agni et Soma : Atiltarçivan a apporté fun du ciel, lait/le a fait sortir l'autre de la montatfne céleste, n Kuhn, dans son livre sur la descente du feu, admettait que l'aigle porteur du soma représente le dieu Indra, qui est en effet comparé à un aigle, comme l'aigle parait ailleurs être le soleil lui-même*. << Le mythe ancien du so/na prisau ciel, dit M. Lehmann', doit s'expliquer par les relations de Soma avec Agni. L'aigle qui va prendre le soma au ciel... est Agni lui-même, qui est assez souvent représenté sous forme d'oiseau. Le feu qui tombe du ciel, l'éclair, est considéré comme la cause do l'écoulement
I, BcrgaigUB, Helig. oidique, I, p. 113.
i. I6id.. p. nt-
3. ChiatepM do U Sauitaje, Uùloire dti Religions, Irat. tr«Qç., p. 336.
AETOS PnOMETHEUS
du lluido ambrosiaque, du soma, de la pluie. »
soit de ces explications et de la lliéoric de Berga
lilie le soma de " feu liquide », il parait certain que les Védas
ont conservé la trace d'un mythe populaire qui attribuait à
l'aigle une part importante dans le phénomène de la desceul
du feu'.
Quand les philosophes de l'antiquité se sont interrogés ail l'origine du feu, ils ont mis en avant des théories plus < moins vraisemblables, plus ou moins savantes, que leur sugj géraient la réflexion et l'expérience. Ces théories appartîenn« à l'histoire de la science, mais non à celle des religions, elles ne sont ni mystiques, ni populaires. Les explication populaires admises en Grèce ne nous sont connues que son Hne forme déjà savante, les mythes d'Hephaestos et de Pn méthée, qui ont eu de bonne heure tendance à scconfondroM Pour trouver des traditions vraiment populaires à ce sujel nous devons nous adresser aux peuples sans littérature; peul être leurs légendes pourront-elles nous éclairer, cette Î6m encore, sur les caractères primitifs des mythes grecs.
Les hommes ont su produire le feu — notamment par U percussion du silex' — avant de savoir l'entretenir et en faire usage pour la cuisson de leurs aliments'. Bien que plusieurs auteurs anciens et modernes aient parlé de peuplades ignorant le feu', il semble établi que cette conquête fut une des plus anciennes et des plus générales de l'humanité ; dès l'époque du renne, dans l'Europe occidentale, on trouve des foyers dans les cavernes. Mais, à l'époque homérique encore, les procâdés
I. [1 n'y & rien de sûr & Urer des rojlheB gertuftQÏqaes, réceota on profoDdémeat remaoîâs, qai iDontrenl Ddio volaot le met célette gous la forme
d'un aigle (Paul, Grundriaa. t. I. p. 1012, lOSI)-
a. Preller-Boberl, Griech, MylhoL, t. I, p. 91, 99 ; Bapp. Promel/teuj, Progt. UldcDburg, iSDâ. Ce dernier trivail est eicelleat; œaU l'auleur me seoibl* avoir été iodiiit ea erreur par les éliimeQU adveatlce* du mvtbe de Promt- Ihée, du9 à TinDuence du mjlhe d'Hpphaestos. ~