Lei Greci savaient dËjà c^la (Plias, llut. Sal.. VU, SI
i. Cf., en géaèral, l'intérceBant mémoire de Clémunce Koyer, Aetiuc tCaM thropologie, t. IV(1S7S), p. 664 aq.
S. Lubbocif, L'homme prihîsl.. irad. fr., t. II, p. HB; Baslian, Zeittehrlf filr Ei/inol., t. J, p. 3S0.
AETOS PRONETHEUS
employas pour allumer la feu sont longs et compliqut^s '; le moyen le plus simple d'obtenir du feu. c'est d'aller en quérir chez le voisin". Si le voisin est absent, ou s'il refuse de prêter du feu, il resie la ressource de le prendre par force ou par ruse, do le voler. Cette idt-e du vol du feu est trùs répandue chez les Primitifs. Quand on leur demande comment ils possèdent le feu, ils répondent lantât qu'ils l'ont pris à d'autres hommes, ce qui ne fait qui^ reculer ta question, tantcit que le feu leur a été apporté du soleil par le bienfait d'un habile larcin, Mais comme les hommes ne peuvent pas sYdcver dans les airs, le voleur a nécessairement été un oiseau'. L'oiseau porteur de feu, ^jp^spc;, paraît ainsi dans bien des mythologie». « En Australie, c'est le faucon ou la grue qui vole le fou et en fait présent aux hommes. Dans une des Iles Andamans, le producteur du feu e^i un oiseau, quelquefois aussi un esprit. Kn Nouvelle Zélande, Mani dérobe le feu h Manîka, le maitrc du feu. en se servant d'un oiseau. Les Tlinkits de l'Amériquo du Nord font jouer le rôle de Pî/rp/iorwsàleurdieu corbeau' ». A ces exemples cités par M. Andrew Lang, feu Bastian en a ajouté d'autres, malheuronsement sans indication de ses sources. Il signale notamment aux iles Marquises et aux Iles Hawaii des mythes d'oiseaux ayant apporté le fou du ciel'; au cours de colle opération, ils ont brûlé une partie do leurs plumes et la trace en subsiste dans le plumage de leurs descendants. On est étonné de rencontrer un mythe analogue en Normandie, où il a été recueilli, avant 1843, par M"* Bosquet : « 11 fallait un messager pour apporter le feu du ciel sur la terre ; le roitelet, tout chélit el tout faible, s'oilrit pour accomplir cette mission dangereuse. Mais son audace lui fut fatale, car, pendant te voyage, le fou brùta toutes ses plumes et mar-
i. Hom.. Odya., V, (»S-VJ3.
1. 0ii«e mnàcet effet, cumuie sujoardliai encore danales C; cUdeg, d'ane tigeoreuie de t«rule (U6i.. TMog., SeS; Phue, XIII, S2|.
3. EiCEpliODUellement. certalus Auitrilieo» raeoDlent qii'ua liotntne a dArohi 1b tea du del ea «'«levant Jusqu'au toleil le long d'une eordo (Laag, Hadtrn myl/ioloi/y, p. 190).
t. Uag, La mythotagit, trad. (r., p. 186-190: Uodtrn mylholotiy, p. itlEi.
S. BaïUsD, Indone^ta, I, p. SU; ZâMhrifl /Or Ethnol.,t. I (1869), p. 379.
AETOS PltOMETHEUS
qua le léger duvet qui protégeait aon corps, n La légende ajoute que tous les autres oiseaux, excepté le hibou, pleins d'ailmiration pour le courage du roitelet, lui offrirent, pour la* dédommager, de leurs propres plumes'.
.AJors même que k's folkloristes u'auraienl pas recueilli de' m^'thes do ce guDre, nous en admettrions d'autant plus volon* tiers l'existence et la dilTusion qu'ils sont logiques, de la logique des enfants, et qu'ils offrent une réponse en apparenctt raisonnable à cette question : a Qui o. pu apporter sur terre lo Feu du soleil? >'
Los Grecs primitifs n'ont pas dû être moins ingénieux qus les sauvages d'Australie, ni même que les paysans normands. Comme l'aigle appartient à la faune balkanique, c'est à lui, non au faucon ou au corbeau, qu'ils ont dû attribuer le larcîa du feu céleste. Ils n'ont d'ailleurs jamais cessé de lui en attribuer la garde, puisque l'aigle, dans ]a littératuro comme dan&, l'art, est le porteur do la foudre : Esclijle qualîtic les aigl de Zcus de 7:ûpçspsi, porteurs du feu".
Ainsi i'aigle-dieu que nous entrevoyons sous les récits la mythologie classique a été le bienfaiteur de Ihumanilfil tout entière, en apportant aux bomines une étincelle du feu du soleil. 11 a fait plus encore : oiseau d'augure par excel-' lencc*, il a éclairé les bommes sur l'avenir, soustrait îL leur curiosité comme les profondeurs du ciel; il les a conduits à la. victoire* et leur a montré le chemin comme un chef habih soit qu'il fit découvrir aux Athéniens lo tombeau de Thésée ScyrosS soit qu'il volàl au devant des légions de Germanie' L'aigle, dans l'opinion des anciens, est l'ami des hommi dont plusieurs ont su l'apprivoiser et se l'attacher. Une ji
1. LiLOg, op. l., p. 1S9, d'après M"* Uoiquet, La Normandit mervtilL
Parii, I8ts.
3. Eschyle, bA, Didot, fragm. 1*73 : Kei\ Sà|iou; 'A{if(av icupqiipoiaiv liiToÎ!. Il x'sgit là évidEmment de la Toudre.