‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 63 sur 345 · LES 8TCOPHANTE8 ET LES HYSTËHES DE U FIGUE · texte numérisé non relu

LES 8TCOPHANTE8 ET LES HYSTËHES DE U FIGUE

sente, à mon avis, le produit du mariage du pri'tre et de la prêtresse qui constitue un des actes mystiques les plus importants du rituel ; le prêtre et la prêtresse, dans cet épisode, figurent le dieu céleste et la déesse chthonionne — en langage mylliologique, Zeuset Déméter — dont l'union assure la fécondité des champs. S'il m'était permis d'adresser une critique d'ensemble h. des travaux que j'admire autant que personne, je dirais que mon savant matlre a trop perdu de vue, ou n'a peul-fltre pas reconnu le caractère primitif et magique du rituel éleusinien. Tout rituel primitif est à l'origine magique, c'est-à-dire qu'il prétend exercer une douce contrainte, une contrainte sympathique sur les forces latentes de la nature. Avant que l'homme eût des animaux domestiques et des céréales, le rituel magique, comme il existe encore chez les Aruntas d'Australie, avait pour objet d'assurer la multiplication du gibier, soit par des danses ofi les hommes imitaient l'apparence et les altitudes des animaux désirables, soit par de grossi&rcs images qui étaient censées attirer les animaux en les (igurant. Dans la phase suivante de la civilisation, celle de la culture de la terre, il s'agit depromouvoir et de stimuler la fécondité du sol par le simulacre d'une union qui doit donner naissance à la vie. Le culte familial des Eumolpidcs d'Eleusis, modifié plus tard dans son esprit par de» iniluences du deliors, mais conservé dans ses éléments essentiels sous la tutelle de l'État atliénicn. comprend comme acte principal une hiérogamîe, le mariage de la Mère du Blé avec le Ptre du Blé, et comme dernier terme l'exaltation d'un épi de blé, image en raccourci de toute une moisson'. Cet épi, solennellement montré aux fidèles, témoignait que l'union avait été féconde et que le drame magique, proposé en exemple aux forces de la terre et du ciel, avait été joué jusqu au bout- On voudra bien remarquer

vo>; le ailecice eal très e<<uveut iiécc«»lre A raecomplUeemfat de riles, comuie celui de couper une plante «acrée (et. CulUs, niyiliei, t. Il, p. ii), M. PoucarL a coinpris que l'épi élalt présenté ea «ilence, ce qui u'avait peuleirs pas beiola d'èlre dit [I, p, 51).

I. C'est pent-fitre pourquoi Porpbjre assimilait rbiéropbante au démiarpe (ap. Euatbe, Pratp. Evang., lU. 1171.

fUl LES SYCOI'HANTES ET LES MYSTERES DE LA FIGUE

qoo je ne parle ni do symboles ni de symbolisme, mots qui doivent être exclus de loule recherche relative aux religions primitives, parce que l'idéa qu'ils représentent est absente de toutes les religions de ce genre dont, nous possédons une connaissance quelque pou exacte.

L'hiérophante eumoipidc révêle et exhibe un épi de blé, en grec a-.iy^Ji\ on aur;iit pu le qualifier do stachjphanle. Si on ne l'a pas fait, c'est qu'il exhibait encore autre chose; mais nous ignorons la nature des Upx d'Eleusis et comme ces Upi devaient rester secrets, les Grecs se sont contentés de les désigner par ce mot vague dans lo composé qui est devenu le nom de l'officiant.

Il est certain que toutes les anciennes familles d'Athènes avaienlleurcuUe familial, ot il est, ti ^jriciri, plus que vraisemblable qu'à une époque où le Panthéon grec n'était pas Tornié, les différents cultes avaient pour ohjet la multiplication, par les procédés de la magie sympatiquc, des produits naturels qui contribuaient au bien-être des hommes, Lorsque l'Étal athénien prit sous son patronage le culte familial des Kumolpîdes, lorsque les mystères d'Eleusis devinrent une institution nationale, les autres cultes tombèrent nécessairement dans l'oubli; ceux qui survécurent, à l'étal plus ou moins fragmentaire, cédèrent à la tendance de se subordonner au culte officiel d'Kleusis et d'y prendre une place modeste, comme des épisodes secondaires du rituel.

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Le parcours de ta route qui va de l'Eleusinion d'Athêne^ l'Eleusinion d'Eleusis, désigné, dans le langage populaire, BOUS lo nom de Voie Sacrée, est tout jalonné de petits sanctuaires qui sont les centres d'anciens cultes analogues à celui di-'sEumolpides. mais qui, moins favorisés parla sélection, paraissent réduits, à l'époque classique, au rôle de stations où les initiés a'arrôtent un instant et accomplissent certains rites À

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