VERCINGÉTORIX A ALÉSIA
trouva leurs chevaux si médiocres' qu'il les prît pour les officierH romains et donna aux Germains ceux des tribuns, des chevaliers et des evocati*. Grâce au concours de ces excellents cavaliers germains, qui se trouvaient bien montés sur des chevaux frais, César put mettre en fuite la cavalerie gantoise quand celle-ci commit l'imprudence de Tattaquer'.
La cavalerie gauloise avait pris la fuite {Jugaio omni equir tatu) et ce fut là un grand coup pour Vercingétorix^ qui plaçait la plus grande confiance dans cette partie de son armée*. Cependant (^ésar ne dit nullement qu'elle ait été dispersée oa détruite; elle se rallia et suivit Yercingétorix dans Alésia. Il y avait, dans cette place, d'importantes fabriques d^objets d'équipement et il est possible qu'une des raisons qui la firent choisir par Vercingétorix comme lieu de retraite fut respoir do pouvoir y reconstituer ses escadrons.
La preuve que la cavalerie gauloise était encore nombreuse et puissante, c*est que, dès le début des travaux de César devant Alésia, elle put l'inquiéter sérieusement et ne fut ropoussée que par la cavalerie germanique, soutenue par les légions. Les Germains poursuivirent les cavaliers gaulois jusqu'aux murs de la ville et se retirèrent après avoir capturé beaucoup de chevaux^ Alors Vercingétorix prit une décision qui nous paraît singulière. Avant que les Romains n^eussent achevé leurs travaux de circonvallation, il résolut de renvoyer toute sa cavalerie pendant la nuit, par le côté est du plateau qui restait libre. Il recommanda aux cavaliers de se rendre aussitôt dans leurs diverses cités et d*y enrôler tous ceux qui seraient en Age de porter les armes; il ajouta qu'il fallait agir sans délai, car, ayant examiné la situation de la place, il déclarait n'avoir de vivres que pour trente jours: peut-être, en rationnant son armée, pourrait-il tenir quelques jours de
1. Cf. Cé*»r, HeiL GaiU 1. W: IV^, 2; Tacite. Hist., IV, i; Dm tmorihuM Ger» nuin., 6.