ibid., vu
VEDcmCÉTORIX A ALÉsrA 181
plus"; mais il comptait sur les cavaliers et les troupes qu'ils lui amëneraient pour sauver les 80.000 soldats dYlito qu'il gardait avec lui dans Alésia. A la seconde veille, il fit partir sa cavalerie dans le plus profond silence et réquisitionna, sous peine de mort, tout le blé qui se trouvait dans la ville. Le nombreux bi-tail que les Mandubicns avaient rruni fut réparti entre les troupes; quant au blé, îl fut l'objet de distributions journalières et parcimonieuses'.
Ainsi, Vercingétorix est déjà menacé de la famine; il sait qu'il n'a de vivres que pour trente jours; et c'est dans ces circonstances qu'il envoie au loin plusieurs milliers de cavaliers qui doivent recruter des armées de secours dans toute la Gaule. On se demande d'abord pourquoi cette levée de Iroupcs exigeait une cavalerie si nombreuse. Il est vrai que les Gaulois paraissent quelquefois avoir opéré des levées avec de la cavalerie; ainsi, après avoir passé l'Allier, César avait appris que Lilavii était parti avec toute sa cavalerie pour soulever les Kduens'. Mais il fallait alors agir par la terreur sur des hommes qui, Jusque-là, étaient restés fidèles aux Romains, tandis que les cavaliers de Vercingétorix, trop peu nombreux pour en imposer à toute la Gaule, si elle avaii été hostile ou hésitante, n'avaient rien à craindre d'un pays où la lutte contre César était devenue la cause nationale. D'ailleurs, Vercingétorix ordonne à ses cavaliers de se disperser et non d'agir en corps pour exercer une pression. Leur mission est celle de gendarmes portant partout des ordres de mobilisation- Mais, vu la rapidité avec laquelle se propageaient les nouvelles on Gaule, rapidité dont César lui-même a cité des exemples, i! eut suffi de faire sortir d'.\lésia cinq cents cavaliers qui se aéraient dispersés aussitât dans toutes les directions. Pourquoi donc renvoya-l-i! toute sa cavalerie, qui devait compter t moins cinq à six mille chevaux pour quatre-vingt mille [ fantassins?