‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 81 sur 345 · Ceoiïruy-SaiDt-llilaire, op. L, p. ItS · texte numérisé non relu

Ceoiïruy-SaiDt-llilaire, op. L, p. ItS

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champs pour les manger, maigrie leurs croyances religieuses Il La religion est, en effet, au fond de toutes les répugnances qu'inspirent les chairs de certains animaux domestiques; mais, au Japon comme en Itussie, ceux qui ne veulent pas manger de cheval n'en sont pas empdchés par leurs croyances religieuses actuelles; ils subissent, sans ri5agir, la tyrannie de vieux scrupules dont l'explication n'a été trouvée que de nos jours'.

La vente de la viande des solipèdes est restée interdite jusqu'à une époque toute récente, dans les pays qui se croient civilisés. Dès 178*), il entrait furtivement à Paris de grandes quantités de viande de cheval et d'âne, que l'on vendait sous le nom do hœuf ou do veau; celte vente clandestine comportait des inconvénients très graves et un savant de l'époque. Géraud, demandait qu'elle fût autorisée et surveillée. Une commission de salubrité, convoquée par Pasiguier, préfet de police, réclama la môme réforme en 1811. mais inutilement. Le Danemark fut le premier pays de l'Europe oii le débit do la viande de cheval ait été autorisé (1807) ; le Wurtemberg, le pays de Bade et d'autres Etats allemands suivirent tardivement cet exemple à partir de 1 8i0 '. Telle était cependant la force du préjugé que l'annonce d'un banquet hippophagique de propagande, en 18.53, déchaîna une émeute à Vienne, oii toutefois, dés l'année suivante, dix mille habitants mangeaient du cheval. V.n Franco, ta résistance des autorités et du public fut plus longue encore. Masséna, à son retour de la campagne de 1809, avait donné à Paris un grand dtner de cheval, en souvenir des misères endurées dans l'Ile du Danube, et il suffit de liru les mémoires du sergent Bourgogne sur la retraite de 1812 pour se convaincre que les soldats français, à la dilTérence de leurs ancêtres gaulois, aimaient mieux manger du ciicval que mourir de faim. Mais cela n'était admis qu'en temps de guerre et quand toute autre ressource faisait défaut. Les soldats français, en Crimée,

1. Voir CalUa, mylheii el •■elitiotu. t. I, p. 3Î el luiv. î. Eril heultutage btijinnt der WidrrinU/t mr tfe.n Eurti einea so rtintn Thierti :u wtichen (Griutn, M'jihologit, p. 877).

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