‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 85 sur 345 · PiiLtl. Cur.. I · texte numérisé non relu

PiiLtl. Cur.. I

i, KBS»\ec: Anliquiialti leUelae itptenlrianalet tt cellieae, HaaoTTe, 1720, p. 3J7. L'auteur de l'arlicle cUÈ du J'.iirnal dtt Savant» & parfaiteoieot réiucnË Is tbèse Ae KeytUr : • Sn JUsErtatioa sur la d^rmae de msager de la ehair de cbeval eomneiica par ud èlounemenl. Il eat surpris de ce que le choal éUot uu duluiiiI il beau st li uet noua ne uoroptions poial ea chair pirmi lei Tlaiidea les plus dilicieuaâ*. Il ne paraît point du tout la suupçou- '£tre tado et coriace et Ton voil bien qu'il ne ae tieudratt pas pour analboureux s'il était réduit i a'eo nourrir, il croit que ja coulum? de 'abitenlr à prâscnt de oette viande est établie aur la religion. Les audeus Celtea et I<.-b peuples seplentrioiiaui lacriUiilent des cbevaui A leurs dieux et Ucbflir de cea viotioio^ eorapusait \e mets principal des restiui eolconelii qui suivaient ces samlicea. L'burreur qu'on a eue de ces Taux actes de religion ■'est répandue sur tout ce qui y ealrait. ■ Un ue saurait mieux dire, ni plus ^Iremenl.

las VKRCINilETORIX \ ALESI.l

ouropt^en no s'est jamais nourri par goui'mandîse cl. dont I — celle du cheval — a inspiré long;tomps aux Europ<?ens exirême aversion, survivance d un ancien tabou religieux. L'inLcrdiction formulée par les l'onlifes c^t Jonc tout ii fuit analogue à celle de certaines viandes daas la loi mosaiquii. qui ne sont pas proliibées au nom de l'hygiône. mais pan que les animaux qui les rournissaient étaient v sacrés : notaient mangés, par les populations païennes, qu'au coui de rites superstitieux Ainsi s'explique encore la réponse r tive au lard, qui paraissait si singulière à l'elloulier. Le pa] demande qu'on le miingo cuit ou séclié ît la fumée; c'est pour" abolir la très ancienne superstition qui est au fond do tous les rites oinophagiqucs de l'antiquité et qui consiste à croire que la communion est plus efficace lorsque la chair de l'animal sacré, que l'on mange rituellement, est dévorée crue et toute saignante. La question de l'apôtre et la réponse du pape révèlent ce fait important que les Germains du ■ mangeaient encore rituellement le sanglier ou le porc'. Gaulois et sans doute aussi les Germains mangeaient sai scrupule des suidés, sauvages ou domestiques; mais, comme ces animau.\ avaient conservé un caractère sacré, il est probable que, de loin en loin, ils se sanctifiaient et communiaieot^ en mangeant un suidé tout cru. C'est cet usage que le pape 4 l'apôtre ont voulu déraciner. Ainsi disparait l'apparenl élrangeté de leur correspondance, où les questions de cuÎsîdi pour parler comme Pelloutier, ne sont que le dehors des quel lions de religion et de conscience'.

Nous savons que les Islandais, jusqu'à leur conversion par"

i. Le pape autorise pourlaut do maoKer du lar /] soUnnitè de Pâques («oîr le tnxte cité cj-deeeui prouve à rêvidence que la prohibilîou o'a aucun qu'elle ■ glmplemout pour bat da supprimer la col de laîcammuuiou cbrètienae. Cela est eoiiroroïc à I (1 Cor., 10, 20, Î5), qui permei

t cru, mail aeultmtnt a . p. 136). CeUe coiice»sioi cBrnctére bj'giënlqni imuuloD païenne au taseigueiDeot de bbIdI P

lande, eicBpté*

sauB

■nme pro-

I par

celle qui a été eacriaée nax Idoles (UpùBuTov). Voir la r^ptioie de Grégoire h BoalfHce [Bpîsl., i'J), qui allègue précisément ce pasBBkte en réponse i la qnesUOD de Bouiface : • Peut-oD oiauger des auimaiii immolés («iix dieux du paganisme) eu ks saDCtiQaot par le signe delacruix^ 2. GeoBroj-Saiiit-Hilaire (,op. l.. p. 150) cita cette curieuse phrue 1

VERCINOKTORÎX A ALKSIA 139

les missionnaires du roi Olaf He Norvège (997), mangèrent du cheval i?n cerlaines occnsiom; on dîl même qu'au moment de leur baptâme. ils obtinrent la permission de manger encore du cheval, mais qu'ils ne lardi^rent pus à y renoncer'. La tradition de l'hippophagie resta cependant assez vivace, dans les pays Scandinaves, pour qu'ils aient été les premiers, au xix° siî'cle, à revenir, sans o|ip(]âilion de leurs églises, à cet usage économique et Jnoll'ensif.

En dehors des aliments dangereux et dégoùlant<i, les seuls dont les hommes s'abstiennent sont ceux qu'ils considèrent comme sacrés [lahojis]. L'ethnographie nous enseigne qu'un aliment la/joit (comme le porc chez les Syriens, le lièvre chez les Bretons insulaires] a élè, à une époque très lointaine, un animal ou un végétal lolem, considéré comme un protecteur et, incidemment, comme un ancôlre du clan. 11 fuut donc qu'il ait existé, longtemps avant l'aurore de l'histoire, un ou plusieurs clans aryens qui avaient le cheval pour lolem. J'ai montré, dans un précédent travail', que le culte du cheval en Gaule est bien attesté, tant par le cheval de bronze Rudiobus adoré à Neuvy-en-Sullias' que par le culte de la déesse cavale Eponu. Kn pays germanique, les monuments figurés font

Sibérie], imilaol les papei du

bippupbagie, un puisunt auxlcuIIb dei jdolei •. Les

VerhayeD : ■ Le» luiiBioDoaire» ruâtes ( VIII* siècle, trouTeul, daus teilirpallou d liairo pour empScher le« uéophyto* d moyeu» inc uiaoqueul pour cnotrAler

1. K«y«l<ir, op. t., p. 3ît, 33t; Rid(;«^'>]r, op. l., p. iîi; Ceoffror-Saiutlliloire, op. l., p, SIS. Vokl le texte de Keyalcr, p. 333 : AdoentanUbus Chrûlianit in Mandiam. cum ab rtligionii discepanliam in duat parles dhciiii tiitnt infolae, Thorgeimu namopkylax, aditue tlhmcut, bac eondicmne eoneordiam iniit nominigua Chrislianorum nliijuoa accenuroa polUcilut tsl, u( oceulU modo lacra lua ntfanda peragerent infantaque txponendi et eguinai eariut comeiUadi iictnlia fruerenlur.

2. Rtttàt Cftlique, 19110, p, 269-306 (plu« haut, t. I. p. S3).

3. Co cbeval ed bride, naia uon sellé; il u'y s pas trace qu'il ait jamais porti ua cavalier. Je crol< qu'il passait pour la uoulure il'uue divinité iuvi-' aible, comme les cbevaux sacrés que meutioune liaxo cbet les Rugiuus comme le* trOnti des divjaités iD'Uibles chei les peuples d'Urieut et lutuie obei le* Grecs (cf. ReviM criligut, IS9T, II, p. 389-393).

140 VERCINGËTORIX A ALÉSIA

défaut, mais j ai déjà rappelé les textes de Tacite et de Saxo; il me semble d'ailleurs qu'on peut tirer argument de certaines généalogies. D'après BèdeS les premiers chefs des Anglo- Saxons de Kent s'appelaient Hengist et Horsa et. descendaient de Voden (Odin), auquel on sacriGait des chevaux*. Or, on a reconnu depuis longtemps que Hengist et Horsa sont des personnages mythiques qui portent les noms de Tétalon {Hençisi) et du cheval (Horse); Grimm ajoute* que les rois mythiques intermédiaires, énumérés dans les listes de Bëde, sont ég^ement des rois-chevaux [Victgisc, Victa^ à rapprocher de Tanglo-saxon vicg = cheval). On peut donc se demander si ces vieilles généalogies remontant au dieu Odin n'impliquent pas l'existence d*un ou de plusieurs clans ayant pour ancêtre mythique un dieu-cheval analogue au Poséidon Hippies (c'està-dire Hippos) des Grecs et au Jupiter Menzana des Salentins. C'est une question que je soumets aux germanistes.

Je dois m'excuser d'avoir traité, dans ce mémoire, bien des questions étrangères au titre choisi; mais personne, que je sache, n*avait encore mis en lumière Taversion des Gaulois pour rhippophagie ; d*autre part, la prohibition de Thippophagie des Germains parles papes est encore expliquée, dans des ouvrages tout récents, par des motifs insuffisants ou absurdes \ Il n'était donc pas inutile de traiter la question dans son ensemble et de passer de la Gaule de César à la Germanie de saint Boniface.

i. Beda, J, 15.

2. Reysler^ op. L^ p. 326 : Odino. praeter verrem et armenla, eguus maetabQ' iur.

Page 1