‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 86 sur 345 · Grimm, MythoL, t. III, p · texte numérisé non relu

Grimm, MythoL, t. III, p

4. Voir par exemple, Schrader, Reaiiexicon der L G. Aller ihUmer^ 1901, p. 573. Si j*avais connu, au début de mes recherches sur le totémisme, les textes énumérés et expliqués dans le présent article, ma tàcbe aurait été singulièrement facilitée.

Un mythe né d'un rite.

l'épéb de dhknnds*

Si l'on en croît Polybe. qui aeul nous a conté en détail les guerres des Romains contre les Gaulois en Italie au ui'sîècie avant notre Ère. les forcerons celtiques étaient de bien médiocres artisans, ils fabriquaient île lourdes épées camardes, d'un fer si mou et de qualité si mauvaise qu'après avoir frappé un premier coup elles se repliaient sur elles-mêmes; le guerrier gaulois devait quitter le front de bataille pour redresser à l'écart le ferde son arme, comme le moissonneur rebat sa faux dans son champ. Encore les épées gauloises étaient-elles bien plus défectueuses que des Faux, car celles ci servent du moins pendant quelques heures avant d'avoir besoin d'être aiguisées, tandis que l'épéc, au dire de Polybe, était lamentablement faussée et tordue dès le premier choc.

Le texte de Polybe, qui nous apprend cela, n'est pas le seul ; on trouve à peu prés la mtïme chose dans Plutarque et dans Polyen, Mais Plutarque a tiré son information de Polybe et Polyenacopié Plutarque. Trois textes qui dérivent de la môme source ne font toujours qu'un texte; vérité évidente, mais que les historiens modernes semblent trop souvent avoir ignorée.

La soumission délinitive des Gaulois d'Italie eut lieu en 222. Polybe, né vers 215, sept ans après, put connaître et interroger des hommes qui avaient i)ns part & ces luttes terribles; il put aussi se faire l'interprète de légendes en voie de forma Lion. Quoi qu'il en soit, son témoignage est très clair; on peut chercher à l'expliquer, non le récuser.

t. IL'ÂrUhropologir, ISOG, p. 311-3J6.]

Racontant la campagne du consul C. Flaminius contre les Insubres, en Tan 223, Polybe s'exprime ainsi ^ : « Les Gaulois avaient desépées qui ne pouvaient frapper détaille qu*un seul coup; au second elles étaient émoussées et repliées à tel point en long et en large que si on ne laissait pas au soldat le temps de redresser son arme avec son pied contre la terre, elle devenait impropre à asséner un second coup. Aussi les tribuns donnèrent aux soldats des premiers manipules les piques des triaires placés derrière eux et, après avoir recommandé à ceuxci de se servir de leurs glaives, les rangèrent en face des Gaulois. Ces Barbares « en faisant tomber leurs premiers coups contre les piques, eurent bientôt rendu leurs épées inutiles. Aussitôt les Komains se précipitèrent sur eux et les réduisirent à rimpuissance en leur enlevant toute faculté de frapper de taille, seule manière de combattre que permît aux Gaulois la conformation de leurs épées sans pointe, tandis que les Romains, frappant d'estoc avec des épées dont la pointe était fine et pénétrante, blessaient leurs adversaires au visage et à la poitrine ».

11 ressort de ce texte, remarquons-le en passant, que les Romains, dès avant la seconde guerre punique, possédaient des épées pointues. Or, Suidas {s. v. [xx/*tpa) a conservé un témoignage suivant lequel les Romains auraient adopté Tépée pointue des Celtibères, l'épée dite hispanique, à partir de la guerre contre Hannibal (èx tûv xax' 'Avvi6av), à la place d'une arme camarde de vieux modèle (xi; ::aTp{cu; aTrcôspLevot ixax^'P*»). Les éditeurs et traducteurs de Folybe ont fait figurer à tort ce passage parmi les fragments du livre XXXV. Il est impossible qu*un historien aussi attentif se soit contredit à ce point; Suidas a dû copier un autre écrivain grec que nous ne possédons pas. D'ailleurs, Quadrigarius, cité par AulugeÛe* et suivi par Tite Live*. fait combattre Manlius, en 361 av. J.-C,

1. Polybe, II, 33 (trad. Bouchot, t. I, p. 135; trad. Congny, Extrait» éet auteurs grecs, t. II, p. 105). Pourquoi Cougoy a-t-il traduit: « courbées comme des strigiles », alors qu'il y a seulemeot xo(|iirr6|i:vai daos la grecî

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